Aerolia : Naissance du champion français des aérostructures
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Aerolia : Naissance du champion français des aérostructures

En regroupant différentes activités d'Airbus au sein de sa nouvelle filiale Aerolia, EADS donne naissance au numéro un français des aérostructures.

EADS a officialisé en janvier le lancement de sa filiale Aérolia. Cette structure regroupe les anciennes usines Airbus de Méaulte (1.300 salariés) et de Saint-Nazaire Ville (500 salariés), que le groupe était sur le point de vendre il y a un an à Latécoère, ainsi que des fonctions supports et des bureaux d'études (400 collaborateurs) basés à Toulouse, siège de l'entreprise.




Diversification de clientèle

Réalisant chaque année quatre millions de pièces élémentaires et 500 sous-ensembles de pointes avant d'Airbus, Aerolia se positionne d'emblée comme le leader français des aérostructures. Avec 800millions d'euros de chiffre d'affaires prévus en 2009, «nous sommes loin devant les numéros deux, trois et quatre du secteur, qui pèsent entre 400 et 500M€», précise Christian Cornille, président d'Aérolia. Celui-ci se défend d'être à la tête d'une simple société de production: «Nous fabriquons certes, mais aussi nous concevons, achetons, proposons des services, etc. Nous souhaitons maîtriser l'ensemble de la chaîne de valeurs. Dans 70% des cas, nous sommes concepteurs et fabriquants». Affichant l'ambition de devenir «une référence mondiale aussi bien au niveau des composites que du métallique», Aerolia s'ouvre un terrain de jeu planétaire. Airbus, avec qui est réalisé 98% de l'activité, reste, certes, un partenaire naturel. Sur l'A350, l'avionneur européen va ainsi confier à Aerolia «des workpackages très importants», assure Christian Cornille. Dans le même temps, Aerolia cherche à élargir son portefeuille de sociétés clientes, comme en témoigne en janvier une première rencontre avec Dassault, au sujet de panneaux étirés. Objectif du dirigeant toulousain:réaliser dans les dix ans la moitié de son chiffre d'affaires avec des sociétés autres qu'Airbus. Son «rêve» étant de décrocher Boeing... Reste que, dans l'aéronautique plus qu'ailleurs, la diversification de clientèle prend beaucoup de temps.




Usine en Tunisie

Outre sa taille, son expérience et le déploiement d'une offre éco-efficiente, Aerolia va s'appuyer sur une localisation low-cost pour séduire les constructeurs aéronautiques. En 2010, une usine verra en effet le jour en Tunisie. «Elle ne sera pas concurrente mais complémentaire» des sites existants, certifie Christian Cornille. Spécialisée dans la fabrication de petits sous-ensembles aéronautiques, cette filiale emploiera 700 personnes en vitesse de croisière, en 2014.




Un avenir sans EADS ?

«Bien équipé pour être un partenaire d'Airbus sur le long terme» selon Tom Enders, président d'Airbus, le nouveau venu sur la scène aéronautique devrait toutefois assez rapidement couper les liens capitalistiques avec sa maison mère. «EADS n'a en effet jamais caché qu'il souhaitait à terme se désengager. Nous avons au moins une perspective à trois ans», confirme Christian Cornille pour qui l'actionnaire n'est pas l'essentiel.«Nous sommes confiants dans notre capacité à faire d'Aerolia un champion», assure t-il. Et de citer son modèle: Spirit. Le groupe américain est en effet né d'une externalisation de Boeing. Avec quatre milliards de dollars de chiffre d'affaires, il est devenu le numéro un mondial des aérostructures. Juste devant... Aérolia, chez qui on aimerait bien voir l'histoire se répéter.

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