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Interview Coronavirus - CCI Moselle : « Les moyens mobilisés doivent permettre aux entreprises de passer le cap »

Entretien avec Fabrice Genter, président de la CCI de Moselle

Propos recueillis par Jonathan Nenich - 03 avril 2020

Fabrice Genter, président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Moselle, revient sur le rôle que peuvent jouer les CCI auprès des entreprises pour les aider à surmonter la crise.

Fabrice Genter, président de CCI de Moselle.
Fabrice Genter, président de la CCI Moselle, fait un point sur la situation des entreprises en pleine crise du coronavirus. — Photo : © Jonathan Nenich

Le Journal des Entreprises : La Chambre de commerce et d’industrie de la Moselle a-t-elle pu identifier les problèmes des entreprises empêtrées dans la crise sanitaire ?

Fabrice Genter : Je fais le constat d’une situation que nous n’avons jamais connu. Nous faisons partie des générations qui n’ont pas vécu de guerres. Le confinement est inédit pour nous. Nous voyons des entreprises qui s’adaptent. Certaines n’ont plus d’activité du tout. D’autres ont recours au télétravail ou continuent de se déplacer. Pour chaque entreprise, surtout les TPE et les PME, s’est ouvert une ère de survie avec comme préoccupation centrale la trésorerie.

Que propose la CCI de Moselle pour venir en aide à ces entreprises ?

F.G. : Nous avons créé une cellule de crise sur laquelle nous concentrons nos moyens. Celle-ci se matérialise par le dispositif CCI allô PME. Les chefs d’entreprise peuvent entrer en contact avec nos 12 conseillers. Notre priorité est d’écouter les problématiques des entreprises, analyser leur situation et les tenir informées de toutes les dispositions et mécanismes en place. Par ailleurs, CCI Formation fonctionne toujours, les cours sont dispensés via visioconférence. Nos apprenants ne peuvent prendre de retard, d’autant que des échéances et autres examens approchent.

Quelles sont les préoccupations des chefs d’entreprise mosellans ?

F.G. : Les deux thématiques qui reviennent inlassablement sont le chômage partiel et la mise en place de ligne de trésorerie. J’ai eu toutes les banques du territoire au téléphone, toutes sont mobilisées pour nos entreprises. Il y a une vraie conscience de la nécessité de mettre en place les prêts garantis par l’État, ou les prêts possibles via Bpifrance.

Avez-vous eu vent de problèmes rencontrés par les entreprises pour la mise en place de ces aides ?

F.G. : Le souci est le temps de traitement des dossiers. Les services de la Direccte sont engorgés par les demandes. Mais la dimension temporelle est quand même à considérer. Cette crise est brutale, puissante. Elle demande des adaptations. Entre les habilitations, les dépôts de dossier, c’est long. Mais ça devrait se résoudre rapidement et permettre à toutes les entreprises d’être aidées. Ce n’est pas une distribution d’argent par hélicoptère. Il faut du temps pour s’organiser, même si nous en manquons.

Et pour les start-up que vous accompagnez ?

F.G. : Elles ne sont pas dans la nature. Elles se sont adaptées en fonction de leur situation. Nos services leur sont ouverts. Les bureaux de l’incubateur Synergie et l’hôtel d’entreprises restent accessibles.

Pensez-vous que des défaillances d’entreprise sont inévitables ?

F.G. : Tout est fait pour permettre aux entreprises de passer ce cap difficile, notamment grâce à la mobilisation de l’État. Nous verrons bien comment on s’en sort mais aucune entreprise n’est laissée de côté. Comme les individus, certaines sont plus fragiles que d’autres. Nous devons faire du cas par cas.

Cette situation replace les CCI au cœur des enjeux…

F.G. : Chacun a compris qu’on devait se serrer les coudes. Nous avons des contacts quotidiens entre CCI de la région Grand Est pour affronter la crise et échanger sur ce que nous faisons dans nos départements. Je suis persuadé que la clé pour sortir de la crise, c’est la proximité. Or c’est le propre des CCI. Nos conseillers connaissent parfaitement le tissu économique local, avec des filières particulières selon les territoires. Nous sommes à même de proposer des aides individualisées. Les entreprises voient à quoi les CCI servent.

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