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Industrie

Brexit : Le fabricant Wirquin revoit sa stratégie

Par Florence Falvy, le 09 novembre 2016

Le Brexit amène le fabricant Wirquin installé à Carquefou et sa filiale du nord de l'Angleterre à revoir sa stratégie. Plusieurs mesures sont prévues pour compenser la baisse de ses marges sans pour autant mettre un frein aux investissements industriels.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Chez Wirquin, doté d'un site de production à Doncaster (Angleterre), les conséquences économiques du Brexit ne se sont pas faites attendre. « À la suite du référendum [51,9 % des électeurs britanniques ont voté la sortie du pays de l'Union européenne le 23 juin 2016], nos résultats ont fortement chuté : -15 % sur les six derniers mois. La rentabilité n'est plus au niveau escompté. Nous sommes obligés de réagir sinon on rebascule dans le rouge en 2017 », confie Gwenhaël Le Coënt, directeur général de la filiale anglaise née en 2011 du rachat de CME Sanitary Systems, en difficulté. « Nous avions anticipé ces conséquences mais pas suffisamment », reconnaît-il. Wirquin Limited fabrique et commercialise des équipements sanitaires pour la maison. II s'agit de la deuxième unité du groupe avec un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros, soit 23 % du chiffre d'affaires global de Wirquin. Elle emploie 200 personnes sur un effectif total de 1.400 salariés.

« De fortes turbulences »

À l'annonce des résultats, Gwenhaël Le Coënt se souvient avoir été « très déçu ». « J'ai réagi comme un Européen. Ça a été la douche écossaise ! » lâche-t-il un brin inquiet. « Le Brexit engendre de fortes turbulences et nous oblige à travailler différemment. Notre vision à cinq ans est perturbée. Or, nous avons besoin de stabilité et de visibilité ». Une série de plans d'actions est actuellement à l'étude pour une mise en application dans les six mois à un an. Wirquin Limited envisage une hausse tarifaire, de l'ordre de 5 % début 2017, et afin d'anticiper la hausse des prix des matières premières, elle prévoit de doubler ses capacités de stockage (actuellement d'un mois) et d'investir dans deux nouveaux silos en activité d'ici février. L'investissement est en cours de chiffrage. Le dirigeant annonce également une réduction de la voilure qui va se traduire par le non-remplacement de postes vacants. « Nous proposerons des CDD plutôt que des CDI. Et, en 2017, les hausses salariales (hors Smic) seront gelées », ajoute-t-il. L'externalisation de la paye est, quant à elle, envisagée comme une solution économique.

Des opportunités à saisir

Actuellement, la filiale s'approvisionne chez Wirquin en France, en Chine et en Roumanie et auprès de fournisseurs européens et 70 % de la production est fabriquée dans l'usine de Doncaster. « Le Brexit nous incite à être moins dépendant de l'Europe », relativise Gwenhaël Le Coënt qui prévoit d'« accélérer la fabrication locale » d'ici le premier trimestre 2017. L'entreprise britannique envisage également de travailler avec des fournisseurs locaux pour éviter la variation des taux de change. Autre effet positif : la livre sterling étant faible, la filiale anglaise est désormais plus compétitive par rapport à ses concurrents européens. « Acheter nos produits coûte 15 % de moins à nos clients du Moyen-Orient qu'il y a trois mois », illustre le dirigeant. Quelles perspectives ? Wirquin navigue à vue mais est certaine de ne pas atteindre ses résultats prévisionnels pour 2017 chiffrés « en milliers de livres ». Quant au choix de prendre la nationalité anglaise, Gwenhaël Le Coënt est formel : « Je suis Breton et j'ai des valeurs », plaisante-t-il.

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