Réseaux

Réseau du mois : Un "Second Souffle" pour ex-patrons

Par Virginie Monvoisin, le 05 avril 2013

Fondée par Dimitri Pivot, Second Souffle a pour mission d'aider les chefs d'entreprises ayant subi un échec. Les Bretons ont un chef de file : Stéphane Dardoize.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

La vie de chef d'entreprise n'est pas long fleuve tranquille. Certains passent parfois même par la case gouffre... Redressement, procédure de sauvegarde ou liquidation judiciaire : des situations qui ne font envie à personne et qui pourtant font partie du "jeu". Sauf que quand on est chef d'entreprise et que l'on a échoué, remonter la pente est parfois plus difficile que pour un salarié.

C'est pour venir en aide à des chefs d'entreprises ayant subi un échec entrepreneurial et combattre leur marginalisation que Dimitri Pivot a créé l'association Second Souffle. La première réunion des "After Fail" ("Après l'échec" en anglais) s'est tenue en janvier à Paris, dans un lieu convivial : un bar, Madame sans Gêne. Objectif : faire des réunions dans toutes les régions de France une fois par mois, en commençant par Lyon et Rennes.

Sans pleurnicher

Car la capitale bretonne a son représentant, en la personne de Stéphane Dardoize. À 45 ans, il fait partie des 78 membres de l'association qui ont connu une situation d'échec en entreprise. Tous veulent mettre à profit leur expérience pour rebondir sur une nouvelle activité ou un emploi salarié. « Car dans un parcours professionnel, on peut connaître un échec mais ce n'est pas pour autant qu'on est devenu incompétent, souligne Stéphane Dardoize. En revanche, si on veut repartir comme chef d'entreprise, ce n'est pas possible, car les banques ne vous font plus confiance, et le regard des autres vous juge. Même si on veut redevenir salarié, notre CV fait peur aux DRH ou aux cabinets de recrutement ! Avec Second souffle, l'idée n'est pas de pleurnicher, de psychoter, mais d'avoir des retours d'expérience, des conseils ».

Le fondateur est un exemple de retour réussi puisqu'il a retrouvé du travail. De quoi redonner espoir. Stéphane Dardoize, lui, cherche un emploi de commercial ou de directeur de centre commercial. Des postes qu'il a occupés en région parisienne et à Rennes, avant de connaître la liquidation de l'entreprise nantaise qu'il avait rachetée en 2010, BV Logique.

Sortir d'une spirale négative

« À ce moment-là, on a le sentiment d'être un pestiféré comme au Moyen Age ! Sans être superstitieux, les gens, dans la vie privée et professionnelle, pensent que, s'ils vous fréquentent, ils peuvent aussi avoir des difficultés ! Vos réseaux ne vous appellent plus. Pour couronner le tout, devant le tribunal, on est affiché devant tout le monde, alors qu'on n'a rien fait de répréhensible pénalement ! On est un numéro de dossier qui est traité en quelques minutes. Dans certains cas, c'est même la vie de famille qui explose, et se termine parfois par des drames... »

C'est pour sortir de cette spirale négative que Second Souffle veut réunir une quinzaine de chefs d'entreprises ayant connu un échec dans chaque région. « Pour ensemble faire entendre aux entreprises et cabinets de recrutement que nous avons des qualités professionnelles ». Second Souffle a ainsi signé des partenariats avec une vingtaine de cabinets et autant d'entreprises pour les accompagner dans leur démarche. Prochain rendez-vous : le 2 mai à Rennes (19h30- 21h30), au bar le bien nommé "L'homme qui marche". Un choix évidemment pas anodin !

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Recevez chaque vendredi le Débrief, l'essentiel de l'actualité économique de votre région.