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ourquoi avoir cédé 50 % du capital de l'entreprise ?
« Jean-Pierre Peuzé, avec qui j'ai créé Sopitra en 1985, a 63 ans et voulait partir à la retraite. Il a donc cédé ses parts. J'ai six ans de moins que lui et j'avais envie de rester et d'assurer la transition pour le personnel. Vous savez, les gens ont toujours un peu peur du changement et se posent des questions lorsqu'il y a un nouvel actionnaire. C'est naturel ! Je suis à la fois un peu le garant du passé et des nouveautés engendrées par l'arrivée du groupe Rave. J'assure désormais la co-direction de l'entreprise avec Alain Dondainnas, P-dg de Rave Distribution. Je conserve aussi pour le moment 50 % du capital de Sopitra. Le pacte d'actionnaires prévoit que je cède mes parts au groupe Rave d'ici cinq à sept ans.
Plutôt qu'une cession en deux temps, n'avez-vous pas été tenté de reprendre les parts de votre associé ?
« Il y a six ans, on a imaginé faire un LBO pour que je puisse reprendre ses parts. Mais la crise est arrivée et l'opération ne s'est finalement pas faite, car elle devenait trop compliquée. Aujourd'hui, la donne a changé.
C'est-à?dire ?
« D'abord parce que j'ai 57 ans. Ensuite parce qu'on avait besoin de l'appui d'un grand groupe pour changer certains process de gestion, rassurer les fournisseurs et bénéficier de quelques économies d'échelle. Depuis le début de la crise, l'entreprise souffre. On a par le passé réduit le nombre de véhicules, mais sans licencier, en ne remplaçant pas certains départs de salariés. Aujourd'hui, on est plutôt sur une pente montante, mais pas encore complètement sorti de l'auberge. L'option que nous avons retenue est, je pense, la meilleure pour l'entreprise.
Qu'est ce qui vous a amenés à opter pour une alliance avec Rave plutôt qu'avec un autre transporteur ?
« C'est d'abord une histoire d'hommes et la qualité des rapports que nous avons et continuons d'entretenir avec les dirigeants de Rave a joué un grand rôle dans notre choix. On a aussi étudié d'autres pistes, dont une était également de grande qualité. Il a fallu faire un choix entre les deux. Le fait que l'on ne soit pas sur les mêmes marchés que Rave a aussi beaucoup compté. Nous n'avons quasiment pas de clients en commun. Sopitra réalise en effet la moitié de son activité auprès de la grande distribution, qui soit dit au passage nous a bien soutenus et accompagnés depuis cinq ans. Cette activité ne représente que 10 % du chiffre d'affaires de Rave, qui est davantage présent sur les métiers de l'industrie.
Que représente le nouvel ensemble ?
« L'alliance entre Sopitra et Rave regroupe 1.200 salariés et près de 2.000 camions et représente 130 millions d'euros de chiffre d'affaires. Nous sommes désormais parmi les cinquante premiers opérateurs de transport routier en France.
Vous assurez que l'alliance avec Rave se fera sans suppression de postes...
« Il n'y aura effectivement pas de suppression de postes. Même au niveau administratif. Notre objectif est au contraire de faire grandir l'entreprise. Nous voulons accroître de 25 % l'activité en cinq ans pour porter le chiffre d'affaires de Sopitra à 50 millions d'euros de chiffre d'affaires, en alliant notamment nos forces commerciales. »
Sopitra
(Thouaré-sur-Loire) Co-dirigeants : Alain Daval et Alain Dondainnas 450 salariés 40 M€ de CA 02 40 68 09 10