La mise en service en 2016 du canal à grand gabarit Seine-Nord-Europe (SNE) semble désormais inscrite dans le collimateur des acteurs portuaires hauts-normands. Initialement hostiles au projet, les Rouennais ont récemment choisi d'inscrire cette perspective en bonne place dans leur stratégie.
Attirer des centres de distribution d'envergure
«L'économie est au coeur du projet. Il s'agit d'ouvrir l'hinterland duHavre et de Rouen à un réseau fluvial desservant 60millions de consommateurs au nord-ouest et au centre de l'Europe» a rappelé Nicolas Bour, directeur de la Mission SNE chez Voies Navigables de France (VNF), au Propeller Club de Rouen soulignant que l'un des enjeux est d'attirer vers la Basse-Seine des centres de distribution d'envergure européenne alors qu'Anvers et Rotterdam sont saturés. Le coût de construction du maillon manquant de 106km entre Compiègne et le canal Dunkerque-Escaut est aujourd'hui évalué à 4,2milliards d'euros. Il sera financé à parité par des investissements publics et privés, ces derniers étant rémunérés par les péages qui restent un sujet épineux pour les chargeurs, malgré les économies d'échelle envisageables grâce à la mise en oeuvre d'unités fluviales de 4.400 tonnes de capacité. «Nous espérons boucler le financement après les élections régionales de mars», souhaite Nicolas Bour. Suite à l'Avis d'Appel Public à Candidatures pour la conception, construction, maintenance, et exploitation de l'ouvrage en Contrat de Partenariat, deux groupements ont remis leur candidature à VNF (maître d'ouvrage). Le premier a pour mandataire Bouygues Travaux Publics, le second Vinci Concessions. La phase de «dialogue compétitif» a donc démarré, tandis que l'acquisition des terrains (2.400ha) se poursuit. Le démarrage des travaux de construction est programmé pour l'an prochain.
Désormais, plus rien ne semble s'opposer au projet de canal Seine Nord Europe dont les premiers travaux sont prévus pour démarrer en 2011.