Connu pour être «le» port des trafics avec l'Afrique de l'Ouest, Rouen s'est aussi fait une solide réputation dans les liaisons avec les Antilles. Des lignes traditionnellement opérées depuis les terminaux rouennais du GPMR (Grand Port Maritime de Rouen) par «l'Armada» CMA-CGM-Marfret, et plus récemment depuis Radicatel (Port-Jérôme) par un armateur qui assure depuis déjà sept ans une liaison avec le Pacifique-Sud: Seatrade.
Trafics de niches
Pour l'armateur d'origine néerlandaise, désormais installé sur les quais du port d'Anvers, Radicatel se veut une implantation stratégique entre les deux grands ports normands. «L'outil est particulièrement adapté à la taille de nos navires de type reefer», explique le président de Sea Shipping Services, l'agent général de Seatrade en France. Des navires polyvalents qui traitent aussi bien les conteneurs standards que les conteneurs réfrigérés, principalement pour les Antilles, ainsi le fret conventionnel, type caisses ou véhicules. Au final, depuis janvier dernier, la ligne «Streamline» dessert sur une base hebdomadaire l'île de Saint-Martin, la Guadeloupe (Pointe-à-Pitre) et le Costa Rica avant de revenir, chargé principalement de bananes, sur Hambourg puis Rotterdam et de boucler la boucle à Radicatel. «Le tout en 35 jours», insiste Jean-Yves Depreux. Pour effectuer cette rotation, l'armateur affrète cinq navires de 200 EVP chacun; un format qui permet «de travailler rapidement dans le port où nous accostons». Pour Seatrade, l'enjeu est de fournir une offre complémentaire de l'existant. Un discours repris par le directeur des trafics et de l'activité portuaire du GPMR, Martin Butruille: «Seatrade représente aujourd'hui 80 EVP sur les 500 traités chaque semaine sur les Antilles», explique-t-il. Et l'armateur «draine des trafics spécifiques qui ne partaient pas de Rouen», rappelle Martin Butruille, mais plutôt de chez son voisin de l'estuaire avant la fermeture de la ligne Horn Line qui escalait auHavre il y a encore moins de deux ans.
Première escale pour le Baltic Klipper
Présent depuis sept ans sur le terminal de Radicatel (qui dépend du port de Rouen), Seatrade assure traditionnellement une rotation qui transite tous les dix jours sur les rives de la Seine à destination du Pacifique-Sud (Tahiti, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande), en provenance d'Anvers via Dunkerque. L'armateur a accueilli en juillet dernier le nouveau venu de sa flotte, le Baltic Klipper, qui effectuait pour l'occasion son escale inaugurale à Radicatel. Un navire flambant neuf qui affiche une capacité de 450 EVP.
trafics L'armateur Seatrade (groupe N.V.) opère depuis le terminal de Radicatel une nouvelle ligne à destination des Antilles en captant «des trafics de niches».