Avis défavorable. Le couperet est tombé le 23mars. À la surprise générale, la commission d'enquête a recalé le projet de Rocade nord de Grenoble, arguant notamment que cela ne réduirait pas le trafic automobile... Depuis, le Landerneau grenoblois est en ébullition. Chacun y va de sa délibération et de ses arguments pour enterrer ou au contraire ressusciter ce projet en débat depuis plus de 15ans. Car dans l'agglomération grenobloise, tous s'accordent pour dire qu'il y a un problème d'engorgement de la région urbaine et qu'il faut le résoudre. Oui, mais voilà: comment? La Métro et la Ville de Grenoble persistent. Le 28mai, la Métro «demande au conseil général de l'Isère de conduire les études permettant de régler les difficultés d'accès et de circulation dans l'agglomération grenobloise, notamment au nord de celle-ci, en prenant en compte les observations de la commission d'enquête». Le 14juin, la Ville formule la même demande, où il n'est plus question de rocade... «Le principe de ring, d'anneau, de rocade, de contournement, appelez-le comme vous voulez, paraît encore pertinent, affirme Michel Issindou, maire de Gières, président du Syndicat mixte des transports en commun de l'agglomération grenobloise et deuxième vice-président de la Métro, chargé de la politique des déplacements. Nous devons vérifier s'il existe des solutions techniques acceptables avec un projet un peu différent de celui présenté à la commission. De nouvelles études vont être menées dans les six mois qui viennent.»
De nouvelles études et un débat citoyen
Des études, il y en a pourtant eu depuis 1996. Mais l'Association pour la démocratie, l'écologie et la solidarité (Ades) estime que le dossier d'enquête est «entaché de graves insuffisances, oublis, approximations et erreurs importantes», que ce soit l'impact de la rocade sur les autres modes de déplacement, sur le trafic, sur le gain de temps,etc. Quant au coût, selon les calculs, il serait de 410M€ pour l'ouvrage seul, auquel s'ajouteraient 100M€ d'aménagement urbain, au minimum. André Vallini, président du conseil général, le maître d'ouvrage, n'a pas souhaité répondre à nos questions. Mais le 18juin, une délibération du Département proposait de «poursuivre l'étude des différentes solutions envisageables pour régler les problèmes de déplacements dans la région grenobloise en lien avec la Communauté d'agglomération Grenoble-Alpes métropole qui devra prendre toute sa part dans la conduite de cette réflexion, y compris au plan financier; et d'organiser dans les prochains mois un débat citoyen». L'Arlésienne va encore faire parler d'elle.
Le contournement nord de l'agglomération grenobloise verra-t-il le jour? Après l'avis défavorable à la déclaration d'utilité publique rendu par la commission d'enquête fin mars, la Rocade nord semble compromise. Mais ses partisans, dont l'ensemble des représentants des acteurs économiques, ne baissent pas les bras et veulent relancer des études de faisabilité. Quant à ses opposants, ils réclament la fin des dépenses pour une utopie et réclament une réflexion élargie sur les alternatives à la voiture pour désengorger la ville.
Dossier réalisé par Anne-Gaëlle Metzger et Tiphaine Le Roy