«Complaisante». C'est le mot utilisé par certaines sources proches du dossier nantais de Ryanair pour qualifier l'attitude de l'aéroport de Marseille Provence vis-à-vis de la compagnie low-cost irlandaise. En d'autres termes, ce dernier se montrerait particulièrement généreux en subventions afin de fixer sur place un intervenant stratégique. Avec près d'une trentaine de destinations au départ de la cité phocéenne, Ryanair pèse en effet pour près d'un million de passagers sur les 6,96millions qu'a enregistrés l'aéroport provençal en 2008. Un poids qui justifierait quelques largesses. Un scénario, on s'en doute, catégoriquement démenti par la direction de l'aéroport provençal. «Comme tout aéroport, nous avons un plan d'aide classique pour soutenir la promotion des compagnies aériennes qui décollent de chez nous. Les conditions que nous proposons sont les mêmes pour chaque compagnie, qu'elle soit low-cost ou "standard"», explique-t-elle. Les recettes du succès marseillais se trouveraient donc ailleurs, avant tout du côté logistique. En 2006, l'aéroport des Bouches du Rhône a en effet choisi d'investir 16,5M€ dans «MP2», une aérogare entièrement conçue pour répondre aux problématiques des compagnies low-cost. «Tout a été étudié pour réduire les coûts de construction et les coûts de maintenance. Du coup, la redevance par passager y est à MP2 aux alentours de 1,4€ pour un vol vers l'Europe, contre 6 € pour notre terminal "classique"», explique-t-on à la direction de l'aéroport marseillais.
Productivité supérieure de 30%
De quoi faire le bonheur de Ryanair, mais pas seulement. Car la compagnie a été associée, au même titre que d'autres acteurs low-cost, aux réflexions menées pour réduire les coûts d'assistance de l'aérogare. Celle-ci a été ainsi pensée pour limiter les coûts de personnel (enregistrement, acheminement des bagages) et améliorer l'amortissement de chaque vol. Ainsi, les avions se stationnent par exemple parallèlement à l'aéroport, et non perpendiculairement, ce qui permet de s'affranchir de l'utilisation des «push back» (ces véhicules qui aident les avions à sortir de leur poste) et d'accélérer les rotations de vol. «La productivité de MP2 est supérieure de 30% à une aérogare classique. Pour certains vols cela permet même de faire un aller/retour supplémentaire par jour, et donc d'amortir plus vite un avion», souligne la direction de Marseille Provence. Pas de subventions, mais beaucoup d'attentions. Voici ce qui aurait incité Michael Cawley, le boss de Ryanair, a dopé de 50% l'offre en siège au départ de Marseille en 2009. La compagnie low-cost espère y enregistrer 1,5million de passagers cette année.
Pendant que Ryanair souffle le chaud et le froid sur Nantes, la compagnie aérienne semble vivre une véritable d'histoire d'amour avec l'aéroport Marseille Provence. Quelles sont les raisons de cette idylle?