Sébastien Loizeleux, dirigeant associé d'un cabinet d'expertise comptable membre du réseau national Cabex, a listé pour le Journal des Entreprises une série d'actions qui se retrouvent sous une forme ou une autre dans toutes les préconisations formulées par ses confrères. «Dans une démarche d'urgence, quatre types d'action peuvent être appliquées: sur la trésorerie, sur les coûts, sur la gestion et sur le chiffre d'affaires», explique-t-il. Les trois premières retiennent ici particulièrement l'attention. L'action sur la trésorerie vise à mobiliser rapidement des ressources financières en baissant les stocks, en réduisant l'encours client par une relance journalière et une procédure formalisée et suivie tout en conservant et, si possible, en augmentant les délais avec les fournisseurs même en cas d'avis défavorable des sociétés d'assurance-crédit s'il n'y a pas eu d'incident de paiement.
Remboursement des créances
L'entreprise demandera aussi un remboursement rapide des créances fiscales (impôt sur les sociétés, TVA, etc.). Sous cette même rubrique, il est conseillé de vendre les investissements peu ou pas utilisés, et de céder, quand c'est possible, des investissements utilisés pour les racheter en crédit-bail. Intérêt: récupérer tout de suite de l'argent frais.
Préserver l'outil commercial
Agir sur les coûts doit permettre d'alléger les charges en optimisant les fonctions essentielles au développement de l'entreprise. Certaines tâches, notamment administratives, peuvent-elles être externalisées pour que le personnel soit plus disponible pour la fonction commerciale? Quels sont les coûts techniques ou administratifs qui peuvent être baissés ou décalés? L'organisation de la production et de la logistique est-elle efficace? «Il faut trouver partout où cela est possible des sources d'économie en évitant de supprimer les charges relatives au développement commercial de l'entreprise», insiste Sébastien Loizeleux. Troisième série de mesures, l'action sur la gestion doit permettre d'engager une réflexion structurée sur la fonction commerciale et les moyens nécessaires et de présenter aux partenaires financiers des éléments fiables et objectifs. Cette action passe par l'élaboration d'un budget d'exploitation et de trésorerie conduisant à une projection réaliste de la situation avec des tableaux de bord pour en contrôler le suivi. «En période de crise plus qu'en toute autre, le chef d'entreprise doit avoir une lisibilité maximum de son outil de travail en identifiant précisément l'ensemble des postes, pour pouvoir en permanence rectifier le tir quand cela est nécessaire. Cet effort constant est un atout précieux dans la négociation avec les partenaires financiers qui peuvent constater qu'il y a un capitaine avisé à la barre», souligne Sébastien Loizeleux.
Depuis le début de la crise, les experts-comptables multiplient les recommandations pour permettre aux entreprises de surmonter les difficultés conjoncturelles en proposant des mesures concrètes et souvent de bon sens.