C'est une habitude qui fait souvent grincer les dents des managers et des dirigeants d'entreprise : durant les heures de travail, les «Y» n'hésitent pas à fréquenter depuis leur poste de travail des sites internet, et notamment les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter, à des fins personnelles. Même agacement lorsqu'il s'agit d'envoyer des SMS depuis son smartphone. De même, les «Y» n'hésitent pas à ramener sur leur lieu du travail du matériel informatique personnel, et à l'utiliser à des fins aussi bien privées que professionnelles. Alors, faut-il pour autant empêcher de tels comportements ?
L'intêret du groupe
Apparement, une attitude aussi stricte serait mal perçue. Selon une étude Fortinet publiée le mois dernier, 19 % des jeunes salariés français ne pourraient pas passer une journée sans avoir accès aux réseaux sociaux. Et ils seraient 38 % à ne pas pouvoir se passer d'envoyer des SMS durant le travail. «Nous avons décidé de laisser libre accès aux réseaux sociaux, aux mails personnels et à la navigation sur des sites. C'est à chacun de ne pas abuser. De toute façon, si un salarié passe trop de temps sur ces sites, cela se voit sur ses résultats et constitue une alerte. Et, croyez-moi, si les salariés constatent que l'un des leurs abuse vraiment, ils n'hésitent pas à le lui faire savoir car ils estiment qu'un tel comportement pénalise l'intérêt général», témoigne Jérémie Peiro, cofondateur de la start-up web Lengow. Du côté d'Erdyn, un cabinet de conseil en innovation à Paris, cet entremêlement travail/vie privée a débouché sur un investissement en matériel : la vingtaine de salariés de l'entreprise a été dotée d'ordinateurs portables. «C'est essentiel car pour les «Y», les frontières entre horaires consacrés au travail et ceux à la sphère privée peuvent s'estomper. Cela fait partie du jeu : ces jeunes qui dans la journée peuvent consulter des emails personnels ou aller sur Facebook peuvent aussi envoyer un mail pro à 21 heures depuis chez eux. Un PC portable leur permet de le faire», explique Patrick Haouat, le dirigeant de l'entreprise.
«Multitasking»
Enfin, ne vous formalisez pas si vos jeunes «Y» ne semblent vous écouter que d'une oreille, parce que lorsque vous leur parlez, ils composent un message, voire même ont encore un écouteur de balladeur numérique dans l'oreille. Habitué au «multitasking», le fait de pratique plusieurs tâches en même temps, ils vous écoutent pourtant bien. «Il y a dix ans, lorsque je tenais des séminaires, il y avait seulement une poignée de personnes qui arrivait avec son ordinateur et pianotait. Aujourd'hui, tout le monde est derrière un clavier. Ce n'est pas parce qu'une personne pianote qu'elle ne vous écoute pas», appuie la consultante Marie Desplat.