«L'esprit de clocher n'est plus d'actualité!» Ce constat, c'est Henri le Gouis, directeur du pôle Paris-Normandie de SDV Logistique (groupe Bolloré) qui le dresse. Allusion aux antagonismes passés, réels ou supposés, entre les deux places portuaires haut-normandes que sont Rouen et LeHavre. Aujourd'hui, les deux Grands Ports Maritimes travaillent de concert, avec le port autonome de Paris, au sein du Conseil de coordination interportuaire créé en 2009 et présidé par Claude Gressier.
«On a perdu la première manche!»
Une union plus qu'indispensable lorsque l'on sait «qu'à peine 7% des entrepôts logistiques européens des entreprises Asiatiques et Nord-Américaines sont implantés en France, contre près de 70% au Benelux», explique Claude Gressier. Et pour lui, pas de doute, «les marges de progression sont importantes!» Laurent Castaing, le président du directoire du GPMH ne dit pas autre chose: «Nous avons perdu la première manche de la conteneurisation», explique-t-il. Résultat des courses, «la moitié de la marchandise qui arrive en France ne transite pas par les ports Français!» «Mais il y aura une seconde manche», rassure Laurent Castaing, «et elle va se jouer dès la sortie de crise», notamment avec les besoins grandissants des entreprises des pays émergents «qui n'ont pas encore choisi les implantations de leurs centres de distribution». Pour son homologue rouennais Philippe Deiss, le calcul est simple: «LeHavre, Rouen et Paris constituent le premier port de France» et ont les atouts pour capter massivement les flux générés à partir de l'Ile-de-France. Mais c'est Édouard Philippe, le maire adjoint duHavre, qui résume les enjeux à venir: «Si Paris veut jouer dans la cour des grands, il lui faut un accès à la mer, un accès au commerce mondial», insiste-t-il. «Et la façade maritime de Paris, c'est LeHavre... et Rouen», conclu l'élu.
Guillaume Ducable
Les secondes assises de la logistique qui se sont tenues à Rouen en décembre l'ont confirmé: Le développement économique passera par l'axe Seine.