Aéronautique : L'A350 modifie la donne en région
# Investissement

Aéronautique : L'A350 modifie la donne en région

Le prochain démarrage de la production de l'A350 modifie le tissu aéronautique ligérien. Alors qu'Airbus construit de nouvelles usines pour le futur avion européen, de nouveaux venus font leur apparition dans le paysage local. À Saint-Nazaire, EADS crée Aerolia (photo); Daher vient de confirmer l'implantation d'un site industriel à Bouguenais tandis que Spirit s'approche de l'estuaire de la Loire. De leurs côtés, les PME se regroupent au sein de clusters pour faire face à cette nouvelle donne. Dossier réalisé par la rédaction

Jacques Auxiette l'affirmait à l'occasion de ses voeux, le 19janvier: «Des sociétés importantes ont décidé de développer leurs activités de recherche et de production; il s'agit de Daher à Nantes et de Spirit à Saint-Nazaire».




Daher s'installe

Depuis, le groupe Daher a confirmé la création d'une usine à Nantes ainsi que l'installation d'une équipe de R & D au sein de la plate-forme technologique Technocampus, dédiée aux matériaux composites. Niveau recherche, Daher travaillera sur la réalisation d'un caisson central de voilure en matériaux composites. Baptisé «Ecowingbox», ce projet est financé à hauteur de 3,7M€ par le conseil régional. Cette activité de recherche et développement s'accompagne d'une implantation industrielle, complétant les deux sites que l'équipementier aéronautique compte à ce jour en Loire-Atlantique (Daher Aéroforme à Saint-Hilaire de Chaléons et Manutex à Saint-Nazaire). À l'heure où nous imprimons, Daher n'avait pas encore dévoilé son projet nantais. En août dernier, les dirigeants de ce groupe de 7.000 personnes avaient déjà fait un premier déplacement à Nantes. À l'époque, ils annonçaient leur volonté de créer en 2009 une usine spécialisée dans les technologies d'injection de résine et l'automatisation de drapage. À terme, celle-ci devait employer sur 25.000m² entre 300 et 500 personnes.




Spirit négocie toujours

La venue de Daher, largement plébiscitée et accompagnée financièrement par les élus, a pourtant été à deux doigts d'être remise en cause à la fin de l'année. Dans l'entourage de Jacques Auxiette, on ne cache pas avoir eu à l'automne «une grosse peur» de voir ce projet définitivement enterré. À la venue de Daher pourrait s'ajouter celle de Spirit à Montoir de Bretagne. Joël Batteux, maire de Saint-Nazaire, confirmait début janvier l'existence de négociations avec l'équipementier américain concernant la création d'une usine de quelques dizaines de personnes. Du côté d'Airbus, on indique ainsi que le spécialiste des aérostructures est en quête de «plusieurs hectares de terrains à Montoir de Bretagne». Contacté, le groupe américain reste toutefois prudent: «Dans le cadre de l'étude du projet, Spirit a demandé des aides publiques. Puisqu'aucune décision n'a été prise à ce sujet à ce jour, toute annonce d'implantation serait prématurée. Nous n'avons pas pris la décision de construire une usine à Saint-Nazaire ou ailleurs», assure Conrad King, directeur des relations publiques et de la communication de Spirit AeroSystems Europe.




L'effet Power 8

À l'origine du renouvellement du tissu aéronautique ligérien, le prochain démarrage de la production de l'A350 sur les sites Airbus de Nantes et de Montoir de Bretagne qui se préparent à cet enjeu avec la réalisation de nouvelles usines de plusieurs dizaines de milliers de mètres carrées. Dans le sillage de l'avionneur européen, les sous-traitants locaux se préparent eux aussi et s'organisent dans l'optique du futur A350. Certains d'entre eux comme Allio, Duqueine Chatal ou Espace ont ainsi décidé de se regrouper pour atteindre la taille critique attendue par Airbus dans le cadre du plan Power 8 qui prévoit davantage d'externalisation des programmes pour des sous-traitants structurés. Car le grand paradoxe de l'A350, c'est que cela sera l'avion dont la fabrication sera la plus externalisée de l'histoire d'Airbus (près de la moitié du programme sera réalisé par des partenaires), mais l'avionneur a décidé de travailler avec moins de sous-traitants en direct. Ce qui explique la nouvelle donne actuelle: de solides groupes industriels se constituent et s'installent à proximité des usines Airbus tandis que les PME ont tendance à rassembler leurs forces pour exister face à ces nouvelles conditions de marché.

# Investissement