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Spatial

Actia Group accélère sa diversification dans le spatial

Par Philippe Kallenbrunn, le 05 septembre 2022

L’ETI toulousaine Actia Group, spécialisée dans l’électronique embarquée, va bénéficier d’un fonds de soutien de Bpifrance pour son projet de diversification dans le spatial. Déjà sous-traitante, elle devient progressivement un véritable équipementier de l’industrie du New Space.

L’usine d’Actia Group à Colomiers accueillera en 2023 une nouvelle ligne de production de cartes électroniques destinées au spatial.
L’usine d’Actia Group à Colomiers accueillera en 2023 une nouvelle ligne de production de cartes électroniques destinées au spatial. — Photo : Actia

L’ETI familiale Actia (CA 2021 : 462,8 M€, 3 600 collaborateurs), spécialisée dans l’électronique embarquée, va bénéficier d’un fonds de soutien de Bpifrance à hauteur de 800 000 euros pour son projet de diversification dans le secteur du spatial. L’ambition du groupe toulousain est de développer et d’industrialiser une gamme de produits sur étagère à destination des satellites en orbite basse. "Notre offre est construite sur une stratégie coût/volume et s’appuie sur nos compétences industrielles et nos approches expérimentées de longue date dans l’automobile, explique Alexandre Lachaise, le directeur de la business unit Aerospace & Defense. Actia sera donc en mesure d’offrir des solutions les plus génériques possibles afin de diminuer les temps et coûts de développement, ainsi que les coûts de production."

Produire massivement et à moindre coût

L’industrie spatiale est un marché qui devient très concurrentiel : l’enjeu principal est de réduire les coûts d’accès à l’espace. Cette évolution pousse l’émergence de lanceurs réutilisables, ainsi que la multiplication de constellations de plusieurs centaines ou milliers de satellites, modifiant sensiblement l’approche technico-commerciale traditionnelle. La nouvelle approche s’oriente vers l’utilisation de produits sur étagère, la production de masse et la réduction importante des coûts et délais de production. Actia va ainsi proposer à l’industrie du spatial son savoir-faire dans l’ingénierie de systèmes embarqués et son socle industriel, incarné par l’usine de Colomiers (Haute-Garonne) récemment labellisée Usine Vitrine du Futur, afin d’adresser les défis des nouvelles constellations satellites.

Projet labellisé par Aerospace Valley

Le projet d'Actia, soutenu et labellisé par le pôle de compétitivité Aerospace Valley, est financé par le gouvernement dans le cadre de France 2030 car il répond à la fois aux enjeux de l’industrie spatiale et aux objectifs fixés par le Ministère de l’Économie pour réduire la dépendance des sous-traitants de la filière automobile aux incertitudes créées par les mutations de ce secteur. "L’aide accordée par l’État est un véritable accélérateur pour notre groupe comme pour la filière, précise David Elizalde, directeur du développement & programmes innovation. Pour Actia, elle contribuera d’une part au développement de notre activité spatiale, dont la part du chiffre d’affaires doit évoluer de 1 % à 17 % d’ici trois ans, et d’autre part, à la consolidation de nos activités spatiales réparties à ce jour entre nos sites de Toulouse (Actia Automotive) et de Dinard (Actia Telecom, en Ille-et-Vilaine, NDLR)."

Avec une approche "design to cost" (visant à optimiser les coûts totaux d’un produit, de sa conception jusqu’à sa mise sur le marché) héritée de l’industrie automobile, le groupe Actia a noué des partenariats avec les principaux acteurs européens du spatial. Fort de son succès notamment avec la constellation OneWeb, l’ETI saisit aujourd’hui l’opportunité d’un développement sur le marché du spatial avec un potentiel de croissance important, estimé à 100 millions d’euros, et une montée sur la chaîne de valeur : de sous-traitant industriel à équipementier de l’industrie du spatial.

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