Un mois vu par Christophe Buchet

Un mois vu par Christophe Buchet

Président Sarr (Le Mans) ParcoursP-dg de la Sarr (8,3 M€ de CA, 49 salariés) depuis 2009 Président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie en Sarthe depuis 2012

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rançois Hollande face aux Français.

« J'ai été marqué par la chef d'entreprise originaire du Nord. Elle a montré son attachement au territoire malgré les contraintes. Il faut arrêter de stigmatiser les chefs d'entreprise, c'est ce que nous faisons pour la majorité des patrons de PME. Mais son intervention a bien montré le manque de compétitivité en France. Face à la Belgique, elle dit perdre 3 millions d'euros à cause de la fiscalité. Ces profits ne serviraient pas à payer les actionnaires, mais à renforcer la trésorerie, à investir dans des machines, de l'innovation et donc à recruter. François Hollande a annoncé qu'il n'y aurait pas de nouvelles taxes. J'aimerais y croire mais j'ai un peu de mal. La plupart des gestes faits vers les entreprises vont dans le bon sens, mais ils ne suffiront pas à combler le déficit de compétitivité de la France. »




Emmanuel Macron souhaite assouplir les 35 heures.

« Il a tout compris et ce n'est peut-être pas trop tard. Il s'agit d'un risque politique pour le gouvernement qui est déjà au fond du gouffre devant le nombre de chômeurs. Pour eux, donner plus de flexibilité, c'est créer plus de chômage. C'est penser à court terme, voir seulement une échéance électorale plus loin. Plus de flexibilité donnerait du souffle aux entreprises. En France, le coût du travail est trop élevé. Les 35 heures c'est l'application théorique d'un modèle, comme si l'on était dans un jeu vidéo et qu'en changeant un facteur, tout allait se réguler. Dans une économie complexe comme la nôtre, ça ne marche pas. »




Le marché automobile repart en Europe, moins en France.

« Les ventes repartent, c'est une bonne nouvelle. Le problème c'est que ce ne sont pas les voitures produites en France qui se vendent le plus. En Sarthe, les sous-traitants travaillent surtout pour le marché français ou européen. Forcément pour ceux dont l'activité est 100 % automobile, c'est très difficile. Il y a malgré tout des signes encourageants, comme Renault qui relocalise la production en France de certains modèles. »