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La dette de la Nouvelle-Aquitaine grimpe à 3,34 milliards d’euros, ses marges financières se resserrent
Nouvelle-Aquitaine # Finance

La dette de la Nouvelle-Aquitaine grimpe à 3,34 milliards d’euros, ses marges financières se resserrent

La Nouvelle-Aquitaine maintient un niveau élevé d’investissement, mais au prix d’un recours croissant à l’endettement. Dans une contribution consacrée aux finances régionales, le CESER alerte sur l’érosion de l’autofinancement et la réduction des marges de manœuvre de la collectivité. Entre 2019 et 2024, l’encours de dette est passé de 2,10 à 3,34 milliards d’euros.

— Photo : Pixel generator

Les finances de la Région Nouvelle-Aquitaine se tendent. Dans une contribution intitulée Financer l’action régionale, le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) analyse l'évolution de sa capacité financière à partir des comptes administratifs de 2019 à 2024. L'objectif est notamment d'évaluer dans quelles conditions la collectivité peut continuer à financer ses compétences et ses investissements.

Le constat n'est pas celui d'un déséquilibre immédiat, mais d'une réduction progressive des marges financières. Le CESER souligne notamment l'accroissement des responsabilités régionales face à des ressources de moins en moins maîtrisables, le poids de l'endettement et la nécessité de clarifier la répartition des compétences entre collectivités.

Une dette en hausse de près de 59 % depuis 2019

L'évolution de l'endettement constitue l'un des principaux signaux. L'encours est passé de 2,104 milliards d'euros en 2019 à 3,34 milliards en 2024, soit une progression d'environ 59 % en cinq ans. Cette hausse a permis à la collectivité de conserver un niveau d'investissement important, mais réduit progressivement sa capacité à continuer sur la même trajectoire.

En 2024, la Région a ainsi contracté 415 millions d'euros de nouveaux emprunts, tandis que ses charges d'intérêts ont atteint 69,2 millions d'euros, contre 39,2 millions en 2019. Le remboursement du capital s'est élevé à 185,9 millions d'euros.

Le CESER relève que les charges d'intérêts représentent désormais un montant comparable à celui consacré à certaines politiques publiques structurantes. Il rapproche notamment les 70 à 80 millions d'euros de charges d'intérêts observées récemment des 69,8 millions d'euros de crédits de paiement consacrés à la politique agricole régionale en 2026.

L'épargne brute tombe à 352 millions d'euros

L'autre point de vigilance concerne l'autofinancement. En 2024, l'épargne brute de la Nouvelle-Aquitaine s'établit à 352 millions d'euros, contre 491 millions en Occitanie et 902 millions en Auvergne-Rhône-Alpes. La Région se retrouve ainsi avec des marges plus limitées pour financer ses investissements sur ses ressources propres.

L'épargne nette a, elle aussi, fortement diminué. Elle atteint 167 millions d'euros en 2024 et se situe en dessous des niveaux enregistrés dans plusieurs grandes Régions françaises.

Conséquence : la capacité de désendettement de la Nouvelle-Aquitaine atteint environ 9,6 années, contre 4,4 années en 2019. Le CESER considère que la croissance de l'encours arrive désormais à un niveau au-delà duquel la poursuite de la même dynamique risquerait de fragiliser davantage les équilibres financiers.

Plus d'un milliard d'euros d'investissements en 2024

Malgré cette situation, la Région conserve une politique d'investissement soutenue. En 2024, les investissements atteignent 1,044 milliard d'euros. Les fonds européens en représentent 366,9 millions d'euros, soit 35,14 %, selon le graphique présenté par le CESER. Ces financements permettent de soutenir l'investissement sans augmenter directement la dette, mais nécessitent des avances de trésorerie et des cofinancements régionaux.

Le CESER préconise donc une reconstitution progressive de l'épargne nette et une maîtrise des nouveaux emprunts afin de restaurer les capacités d'autofinancement. Cette trajectoire pourrait cependant nécessiter d'adapter le rythme de certains investissements et les programmations pluriannuelles.

Au-delà des seuls indicateurs financiers, l'organisme pointe également les limites du modèle actuel de décentralisation. Selon lui, l'enchevêtrement des compétences, la dépendance aux financements externes et la diminution des marges d'arbitrage compliquent la lisibilité et l'efficacité de l'action publique régionale.

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