Annoncées le 14 octobre 2026, les passerelles Wirnet iEdge et iEdge+ de Kerlink sont destinées aux bâtiments équipés de capteurs connectés. Le fabricant breton les présente au salon Intelligent Building Systems, organisé les 14 et 15 octobre à Paris. Kerlink s’appuiera sur ses distributeurs pour commercialiser les deux modèles, d’abord dans la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), puis progressivement en Asie-Pacifique, en Amérique du Nord et en Amérique latine. Le communiqué ne précise ni leur prix ni leur date de mise en vente.
Un traitement des données directement dans la passerelle
Selon Kerlink, ces passerelles reposent sur un processeur industriel Cortex-A35, capable d’héberger des applications métier et de les exécuter en local. Elles peuvent ainsi prendre des décisions localement, convertir des protocoles et traiter les données en temps réel, sans recours au cloud.
Kerlink revendique une architecture ouverte, qui accueille aussi des applications tierces. Yann Bauduin, directeur commercial de l’entreprise, affirme avoir conçu « une plateforme ouverte qui permet à nos clients et partenaires de déployer des solutions personnalisées ».
La Wirnet iEdge gère plus de 1 000 capteurs LoRaWAN grâce à un serveur réseau embarqué et dispose de huit canaux radio. Son boîtier IP20 est prévu pour une fixation sur rail DIN, au sein d’armoires électriques. Sa puissance est inférieure à 1,8 W, avec une alimentation PoE et 9-36 V DC. Une connexion cellulaire, proposée en option, complète l’Ethernet.
De son côté, la iEdge+ intègre un processeur double cœur et dispose de davantage de mémoire et de stockage. Elle permet de faire fonctionner en parallèle plusieurs applications, comme un framework de GTB et un serveur réseau LoRaWAN embarqué sur la passerelle.
Le firmware KEROS 7 intègre les fonctions de cybersécurité de Kerlink. L’entreprise conçoit et fabrique ces passerelles en France et les assortit d’une garantie à vie.
Des protocoles et des usages pour le bâtiment et l’industrie
La Wirnet iEdge prend notamment en charge les protocoles BACnet, Modbus et MQTT. Les données des capteurs LoRaWAN peuvent ainsi être transmises directement à des contrôleurs de type JACE, à des plateformes de GTB ou à des automates industriels, via BACnet sur Ethernet. Dans l’industrie, Modbus permet d’envoyer ces données aux systèmes d’automatisation déjà en place. Kerlink annonce aussi une compatibilité avec la plateforme Niagara Framework.
Kerlink cite parmi les usages la maintenance prédictive, le suivi énergétique et le pilotage du chauffage, de la ventilation et de la climatisation. Selon l’entreprise, ces passerelles répondent à des besoins liés aux réglementations européennes qui visent à faire baisser, d’ici 2030, la consommation d’énergie des bâtiments existants.
Cette gamme constitue la deuxième innovation majeure de Kerlink en 2026, après la Wirnet iStation M2, une passerelle outdoor lancée en mars. Un pack solaire proposé en option permet à cette dernière de fonctionner sur des sites isolés, comme les mines ou les îles.
Une croissance de 26 % en 2025, puis une activité stable
Le chiffre d’affaires de Kerlink a progressé de 26 % en 2025, à 14,7 M€, contre 11,7 M€ en 2024, selon les comptes consolidés. Au premier semestre 2026, il est resté stable à 7,3 M€, dont 3,9 M€ au deuxième trimestre, en hausse de 7 % sur un an.
Environ 95 % de l’activité de Kerlink provenait des opérateurs privés en 2025, selon le groupe. « Les opérateurs privés, notamment dans les secteurs du Smart Building et de l’industrie, continuent de manifester une demande soutenue pour nos solutions », explique William Gouesbet, président-directeur général de Kerlink.