«Nous voudrions être à Lyon tous les jours, voire deux fois par jour comme à Hambourg, Birmingham ou Venise. Mais nous n'avons pas les droits de trafic pour le faire. Si demain nous avons l'autorisation d'acheter plus de redevance à Lyon, nous le ferons immédiatement.» Pour Thierry Antinori, vice-président exécutif Emirates pour les ventes passagers à travers le monde, l'installation de la compagnie aérienne des Émirats arabes unis à Lyon se construit dans la durée. Avec quinze personnes implantées à l'aéroport Lyon Saint-Exupéry et l'ouverture prochaine d'une agence dans le quartier de la Part-Dieu, la compagnie mise sur un bon potentiel pour la ligne Lyon-Dubaï. À raison de cinq vols par semaine sur un airbus A350, cette nouvelle ligne offre une multitude de possibilités pour le tourisme d'agrément, le business et le fret. «Pour le tourisme, Rhône-Alpes et le quart Sud-Est de la France sont attirés par les destinations vers l'Océan Indien, la Thaïlande, l'Inde. Au total, le hub Emirates de Dubaï propose 126 destinations. Pour le business, toute la région des Émirats est un pôle en plein développement qui présente d'importantes opportunités d'affaires, confirme Thierry Antinori. Enfin, la ligne met à disposition quinze tonnes de capacité soute pour le fret afin de faciliter l'import-export entre les deux pays.»
Une région à potentiel
Des entreprises rhônalpines sont déjà installées dans les Émirats arabes unis, comme Aldès, bioMérieux, Egis Rail, Everteam, Seb, GLEvents... «C'est une région à potentiel mais très concurrencée et très concurrentielle, commente Bruno Masurel, responsable du pôle international à la CCI de Lyon. Les opportunités d'affaires portent sur les secteurs de la santé, du BTP, de la défense, des énergies, gaz, pétrole mais aussi énergies renouvelables. En revanche, il faut s'armer de patience et vouloir investir à moyen et long termes.» Imaginés comme un eldorado financier par beaucoup d'entreprises, les Émirats ont aussi vécu la crise et se montrent désormais plus vigilants dans leurs investissements. «Ils mettent aujourd'hui systématiquement les projets en concurrence, affirme Bruno Masurel. Il faut donc proposer un produit ou un service avec de vrais atouts différenciants et adaptés à leur marché, leur culture.» Entretenir les bonnes relations, informer, convaincre, prendre le temps sont les méthodes avancées par les partenaires économiques locaux pour commercer avec cette région du monde. Et pour faciliter les échanges, des missions seront organisées pour les entreprises rhônalpines en 2013. La CGPME et le cluster Lumière envisagent d'organiser un déplacement sur le salon The Big 5 dédié à la construction. La CCI de Lyon prépare une mission au Qatar et sur les Émirats pour les entreprises liées au sport (services mais aussi construction d'équipements) et la sécurité (en lien notamment avec la Coupe du monde de foot en 2022). Et désormais, les déplacements se font en vol direct, en sixheures.
Emirates a inauguré en décembre son premier vol direct entre Lyon Saint-Éxupéry et Dubaï. L'occasion de faire le point sur les opportunités d'affaires dans cette zone.