Capital : Ces investisseurs qui vous veulent du bien

Capital : Ces investisseurs qui vous veulent du bien

En Rhône-Alpes, l'année dernière, 149 entreprises rhônalpines ont fait entrer des fonds d'investissement dans leur capital. Des fonds internationaux, nationaux ou locaux. Ces derniers sont de plus en plus nombreux car beaucoup de chefs d'entreprises rhônalpins se lancent dans l'aventure (voir notre sélection page 5). Objectif : défiscalisation et rentabilité évidemment mais aussi, et peut-être surtout, volonté d'apporter sa pierre au développement du territoire.

La région Rhône-Alpes, véritable terre d'accueil des fonds d'investissement. Tel est le constat qui s'impose à la lecture des chiffres qui viennent d'être publiés par l'Afic (association française des investisseurs pour la croissance) qui rassemble 278 structures de capital-investissement installées en France. Terre d'accueil car Rhône-Alpes qui hébergeait 5 % des montants investis en 2006 est passée à 12 % en 2013, soit en volume une somme qui a grimpé de 456M€ à 657M€. Fin 2013, en cumulé, 609 entreprises de Rhône-Alpes accueillent des fonds, dont 149 supplémentaires en 2013, des PME dans plus de 80 % des cas.




Potentiel industriel

Ces chiffres traduisent la belle dynamique de la deuxième région de France en matière entrepreneuriale, avec un tissu, notamment industriel, à fort potentiel et capable d'attirer des investisseurs solides. Investisseurs dont la vocation est « majoritairement bienveillante » souligne Bertrand Rambaud, président de Siparex (lire ci-dessous) et administrateur de l'Afic. La preuve, le nombre d'emplois créés dans les entreprises qui hébergent les fonds prend le chemin inverse de la courbe des emplois détruits dans la même période. En 2012, dans la région, 2.384 emplois nets ont été créés dans les entreprises épaulées par des fonds, et 2.138 en 2013. La raison de cette croissance de l'emploi est simple : chacun des fonds entend rentabiliser son investissement et se veut un partenaire privilégié du dirigeant. "Partenaire" car le fonds comme le dirigeant partagent l'objectif de faire croître la valeur de l'entreprise : en faisant monter en puissance ses cadres, en développant des filiales à l'étranger, en développant ses ventes, en faisant sortir du capital d'autres actionnaires... Les chiffres de l'Afic montrent en effet que la croissance du chiffre d'affaires des entreprises accompagnées par le capital investissement français a été de +1,7 % en 2013 (hors grandes entreprises cotées), quand le PIB français progressait de 1,1 %. Autre bénéfice lié à l'arrivée d'un fonds dans l'entreprise, le dirigeant renforce ses fonds propres autrement que par la dette bancaire et fait intervenir dans les discussions un nouvel interlocuteur qui apporte une vision stratégique différente et complémentaire. À la condition de l'avoir bien choisi au préalable. Ce choix s'avère être décisif pour l'avenir de l'entreprise. Mais attention car il n'est pas toujours facile de s'y retrouver dans le maquis des sociétés d'investissement : corporate, corporate venture, family office, fonds d'entrepreneurs, fonds de fonds... et parmi eux des fonds spécialisés dans les LBO, par secteur, par zone géographique, par étapes de vie de l'entreprise... D'où « l'importance de se faire accompagner » insiste Martine Collonge, à la tête de Lyon Pôle Bourse. « Cela permet de poser un diagnostic, lister les besoins et ne pas déposer des dossiers partout. Dans notre jargon nous appelons cela un "dossier qui tourne" et c'est très mauvais pour son image ». Cette amie des dirigeants conseille également de « chercher des fonds quand il n'y a pas de besoin urgent. Sans oublier de rencontrer des dirigeants qui ont été accompagnés par celui que l'on sélectionne ». Malicieuse, elle rappelle que la recherche de fonds peut parfois ne pas aboutir. Plus la réponse prend du temps, plus elle est hasardeuse car la conjoncture sur un marché peut très vite se retourner « regardez le photovoltaïque » glisse-t-elle. Selon cette experte des rouages financiers, il faut aussi bien préparer la sortie du fonds, soit en rachetant ses parts soit en faisant rentrer un nouveau fonds. Et pour elle, une autre façon de lever des fonds sans se préoccuper ni de sa bonne entente avec l'homme ni de sa sortie est de faire entrer son entreprise en bourse. « Les actionnaires se débrouillent entre eux pour échanger leurs titres. L'inconvénient qui apparaît parfois aux yeux du dirigeant est qu'il doit rendre ses comptes et sa stratégie totalement transparente. Mais sa crédibilité s'en trouve renforcée ». Selon la Banque de France les PME de l'Hexagone se financent à 90% via de la dette bancaire, 3% en bourse et 7% par le capital investissement.