L’Insee a publié cette note de conjoncture régionale le 29 septembre 2026, pour le deuxième trimestre. Ce numéro 54 de la collection Insee Conjoncture Normandie est signé par Thomas Balcone, Stéphanie Gosselin et Laura Le Mains.
Défaillances : une baisse sur un an, contre une hausse au niveau national
Sur le seul trimestre, les défaillances diminuent de 3,4 % dans la région et de 7,2 % à l’échelle nationale. Sur douze mois, en revanche, le repli normand (-2,3 %) contraste avec la hausse enregistrée au niveau national (+4,8 %).
Créations d’entreprises : un repli plus marqué qu’au niveau national
Les créations hors micro-entreprises reculent de 9,5 % sur le trimestre en Normandie, alors que le recul est de 2,2 % à l’échelle nationale. Sur douze mois, elles baissent de 3,3 % dans la région, tandis qu’elles progressent de 1,4 % au niveau national.
Une activité en recul sur un an
L’institut mesure l’activité à partir du volume d’heures rémunérées dans le secteur privé non agricole. En un an, ce volume diminue de 0,5 % dans la région, alors que le repli atteint 0,7 % à l’échelle nationale. Ce repli annuel s’observe pour le septième trimestre d’affilée en Normandie. Les données d’activité du deuxième trimestre sont toutefois provisoires.
Par secteur, l’industrie, dont la contribution est de 0,0 point, ne participe pas au repli, après deux années de recul ininterrompu. Les autres secteurs pèsent sur l’activité : le tertiaire marchand en premier lieu (-0,3 point), puis la construction et le tertiaire non marchand (-0,1 point chacun).
En ce qui concerne la construction, l’Insee recommande d’interpréter avec précaution l’évolution des heures rémunérées, notamment d’une année à l’autre. Dans ce secteur, les employeurs n’indemnisent pas directement les congés des salariés. Ce sont les caisses de congés payés qui s’en chargent. Ces congés n’entrent donc pas dans le décompte des heures rémunérées déclarées. Comme les congés ne tombent pas aux mêmes dates d’une année à l’autre, le volume de congés d’un mois donné varie, ce qui peut fortement faire varier les heures rémunérées sans traduire forcément un changement de l’activité.
L’emploi salarié se maintient, l’industrie se stabilise
La Normandie voit son emploi salarié total, intérim compris, se maintenir au deuxième trimestre 2026, comme à l’échelle nationale. La Seine-Maritime, le Calvados et la Manche affichent la même stabilité, tandis que l’Eure et l’Orne perdent respectivement 290 emplois (-0,2 %) et 310 emplois (-0,3 %) sur le trimestre.
Seule l’agriculture dégage un solde d’emplois salariés positif sur le trimestre, avec 67 postes de plus (+0,4 %). Le tertiaire marchand hors intérim perd 746 emplois (-0,2 %) et la construction 305 (-0,4 %).
Après un recul ininterrompu depuis septembre 2024, l’industrie normande voit son emploi salarié se stabiliser au deuxième trimestre. L’évolution varie cependant nettement d’un département à l’autre. Sur le trimestre, l’emploi industriel progresse de 0,3 % dans le Calvados et de 0,5 % dans la Manche, mais recule de 0,2 % en Seine-Maritime et dans l’Eure, et de 1,0 % dans l’Orne. Sur un an, l’emploi salarié industriel reste en repli de 0,7 %.
À l’échelle nationale, l’intérim poursuit son recul (-1,0 % sur le trimestre), alors qu’en Normandie, il cesse de progresser. Sur douze mois, le nombre d’intérimaires normands augmente encore de 1,1 %, tandis qu’il baisse de 1,7 % à l’échelle nationale.
Un chômage de 7,9 %, au plus haut depuis l’été 2020
La Normandie affiche un taux de chômage de 7,9 % au deuxième trimestre 2026, selon l’Insee. Le taux progresse de 0,2 point en trois mois et la région n’avait plus connu un tel niveau depuis l’été 2020. Le taux de la France métropolitaine est un peu plus élevé, à 8,1 %.
Sur un an, la hausse atteint 0,7 point en Normandie, contre 0,8 point en France métropolitaine. En Seine-Maritime comme dans le Calvados, la hausse reste en ligne avec la moyenne régionale. L’Orne et l’Eure enregistrent des hausses très proches, de 0,6 point.
C’est toujours dans la Manche que le chômage est le plus faible. En effet, le taux y atteint 5,7 %, après une hausse de 0,4 point sur douze mois.