Toulouse

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Vélos connectés : Morio passe la vitesse supérieure

Par Paul Falzon, le 07 septembre 2020

Portée par l'engouement des entreprises pour le vélo depuis la crise sanitaire, la jeune société toulousaine Morio pense doubler le nombre de cycles équipés de son traceur connecté en 2021. La création d'un nouveau service d'assurance conforte cette croissance.

Les deux co-fondateurs de Morio, Jean Venet (à droite) et Adrien Rambaud, ont récemment déménagé leur entreprise à la Cité des start-up de Toulouse.
Les deux co-fondateurs de Morio, Jean Venet (à droite) et Adrien Rambaud, ont récemment déménagé leur entreprise à la Cité des start-up de Toulouse. — Photo : Morio

Apparue il y a seulement deux ans sur le marché de la gestion de flotte de vélos, la jeune société toulousaine Morio (4 salariés, C.A. non communiqué) accélère son développement. Depuis le déclenchement de la crise sanitaire, entreprises et collectivités investissent massivement pour renforcer leur parc de cycles, au point que les fabricants et les intégrateurs de flottes peinent à suivre la demande. Morio, qui a développé une offre de traceurs connectés permettant de sécuriser les flottes, bénéficie de cet engouement. « Nous comptons à ce jour 1 500 vélos équipés de notre solution, un chiffre qui devrait doubler d’ici à mars prochain, confie Jean Venet, PDG et cofondateur de l’entreprise. Et nous sommes en train de doubler nos prévisions pour 2021, avec plus de 5 000 vélos supplémentaires qui devraient être équipés. »

Une offre d’assurance avec Allianz

Les quatre salariés de l’entreprise ne se contentent pas de suivre la croissance du marché. Début 2020, Morio a conclu un partenariat avec le groupe Allianz pour créer une offre d’assurance « Vélos retrouvés ou remboursés » inédite sur le marché. De quoi tranquilliser un peu plus les entreprises au moment de développer leur flotte. « Ce partenariat valide notre expertise : beaucoup de nos clients considéraient déjà notre solution comme une assurance contre le vol, constate Jean Venet. Avec deux ans de recul, nos traceurs permettent de retrouver 80 % des vélos manquants, une faible sinistralité qui, associée à la montée des volumes, a convaincu Allianz de nous accompagner. »

Parmi les principaux clients de Morio, figurent des chaînes de restauration mais aussi des collectivités fournissant des vélos à leurs administrés ou à leurs collaborateurs, comme ici à Brignais.
Parmi les principaux clients de Morio, figurent des chaînes de restauration mais aussi des collectivités fournissant des vélos à leurs administrés ou à leurs collaborateurs, comme ici à Brignais. - Photo : Ville de Brignais

Les deux gros contrats signés par Morio en 2020, pour près de 1 800 vélos, ont été gagnés avec cette nouvelle offre d’assurance. Ils ont un autre point commun : tous deux sont portés par le dispositif des certificats d’économie d’énergie, qui impose aux énergéticiens de financer la transition écologique. Le fournisseur de gaz et d’électricité ENI a ainsi commandé 625 vélos connectés dans le cadre de son programme O'Vélo, qui vise à faire découvrir à 25 collaborateurs de PME et ETI le vélo électrique pour une location gratuite d'un mois, et ce dans 25 villes de France. Le programme V-Logistique ambitionne quant à lui de remplacer des véhicules professionnels thermiques par 1100 vélos électriques classiques et vélos cargos pendant une phase test de maximum 18 mois, gratuitement : les financeurs du projet sont les obligés Carful, ENI et Boloré.

Industrialisation des process

« On sent arriver une lame de fond en faveur du vélo dans l’entreprise, et nous sommes prêts, sourit Jean Venet. L’année 2020 a été consacrée à professionnaliser et industrialiser nos process : notre choix de rester concentrés sur une seule activité, la sécurisation et l’analyse des flottes, a été payant. » Morio a ainsi abandonné l’un de ses métiers d’origine, la remontée des données des usagers, pour gagner du temps sur son développement.

Si la société planifie une embauche sur un profil logistique pour améliorer le service aux clients, elle a en revanche mis en sommeil ses projets de levée de fonds, souvent vues comme une étape indispensable pour les jeunes pousses de la tech. « Cela a été l’une des leçons de la crise sanitaire : nous nous sommes rendu compte de l’importance d’avoir construit une entreprise équilibrée, qui se développe et gagne ses marchés par la qualité de son produit. La levée de fonds viendra plus tard, par exemple si nous choisissons d’aller à l’international ou d’accélérer notre croissance », confie Jean Venet. Le boom actuel du marché du vélo électrique doit permettre à Morio d'atteindre la rentabilité dès 2021, l'objectif étant d'atteindre 1 M€ de chiffre d'affaires dès 2022.

Les deux co-fondateurs de Morio, Jean Venet (à droite) et Adrien Rambaud, ont récemment déménagé leur entreprise à la Cité des start-up de Toulouse.
Les deux co-fondateurs de Morio, Jean Venet (à droite) et Adrien Rambaud, ont récemment déménagé leur entreprise à la Cité des start-up de Toulouse. — Photo : Morio

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