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Sunwaterlife finance l'eau potable en cryptomonnaie

Par Juliette Jaulerry, le 06 avril 2018

Sunwaterlife lance le "watercoin", une cryptomonnaie qui sécurise la distribution d'eau potable à faible coût dans les pays en voie de développement. Objectif : financer le développement de ses kiosques de distribution d'eau potable.

A Agboville, en Côte d’Ivoire, l’eau potable est filtrée par les appareils de Sunwaterlife. — Photo : Sunwaterlife

Quatre ans après sa création, Sunwaterlife monte d’un cran dans ses ambitions. En sortant ses produits innovants et brevetés permettant la purification et la distribution d’eau potable dans les lieux les plus isolés, l’entreprise haut-garonnaise s’était déjà faite remarquer. Aujourd’hui, une centaine de ses valises portatives de purification d’eau sont déjà installées en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, et six de ses systèmes de distribution sont en activité en Côte d’Ivoire, au Cambodge, au Gabon et au Kenya. Avec la création de sa filiale O’Claire en décembre 2017, Sunwaterlife veut aller plus loin. 

Une levée de fonds pas comme les autres

« Nous avons démarré un test grandeur nature de notre kiosque en Côte d’Ivoire en septembre 2017. On a pu constater que tout fonctionnait sur le plan technique et économique : nous avons atteint une certaine rentabilité, avec un prix concurrentiel de 10 centimes le litre contre 30 centimes sur le marché national. Alors on a créé O’Claire, chargée d’acheter les kiosques à Sunwaterlife et de les exploiter », décrit Christophe Camperi-Ginestet, président de l’entreprise et coassocié avec Hervé le Berre. Son objectif est ambitieux : arriver à installer 1 000 kiosques d’ici trois ans, et donc fournir 500 millions de litres d’eau par an, avec un impact sur au moins un million de personnes.

Pour cela, la filiale O’Claire, à laquelle s’est associée l’entrepreneur toulousain Thierry Merquiol (cofondateur de Wiseed), initie une levée de fonds pas comme les autres. Elle lance sa propre cryptomonnaie, le watercoin, en vente depuis quelques semaines : « Un watercoin équivaut à un litre d’eau potable. Si vous mettez 10 000 euros, vous achetez 1 million de litres d’eau », explique le dirigeant qui a fait appel à une société parisienne de conseil en technologies blockchain, Solid, pour mettre en place ce dispositif original qu’il juge « moins lourd administrativement et en terme de temps qu’une levée de fonds classique, mais certes plus compliqué à vulgariser pour communiquer auprès du grand public », explique Christophe Campéri-Ginestet. Il avait mené deux collecte de fonds précédemment, l’une auprès de la plateforme de crowdfunding Wiseed (250 000 € levés en 2015), l’autre auprès d'investisseurs privés (220 000 € levés début 2017). Il espère lever jusqu’à 20 millions d’euros suite à cette opération.

20 embauches à Toulouse sur les trois ans à venir

Hervé Le Berre et Christophe Camperi-Ginestet ont démarré en 2014 sous les toits de l'incubateur Midi-Pyrénées. Sunwaterlife est aujourd’hui installée au Centre Pierre Potier, à l'Oncopole. Ils sont pour le moment 4 à Toulouse et 7 en Côte d’Ivoire. Une vingtaine d'embauches est annoncée sur Toulouse dans les trois ans à venir. Avec le déploiement de ses filiales en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, les associés prévoient un total de 1 000 salariés dans le monde. Leur chiffre d'affaires devrait passer de 250 000 euros en 2016 à 1 M€ cette année. On s’étonne moins que l’entreprise ait reçu le prix de la révélation au dernier palmarès Sud-Ouest Fast 50 de Deloitte In Extenso.

A Agboville, en Côte d’Ivoire, l’eau potable est filtrée par les appareils de Sunwaterlife. — Photo : Sunwaterlife

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