Toulouse

Santé

SmartCatch piège les cellules cancéreuses dans son filet

Par Fleur Olagnier, le 26 février 2019

La start-up toulousaine SmartCatch a développé un "micro filet" qui capture les cellules tumorales circulant dans le sang d'un patient atteint d'un cancer. Elle finalise actuellement son premier produit et recherche des partenaires industriels.

Aline Cerf (au premier plan), directrice scientifique au sein de la start-up Smart Catch.
Aline Cerf, directrice scientifique de la start-up toulousaine SmartCatch, a imaginé un "filet de pêche" miniature pour piéger les cellules tumorales circulantes dans le sang. — Photo : Frédéric Maligne/CNRS Photothèque

La créatrice

D'origine franco-mexicaine, Aline Cerf a principalement travaillé sur les micro- et nano-technologies appliquées à la biologie. En 2012, alors chargée de recherche CNRS au Laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes, elle a l'idée d'utiliser la lithographie 3D - écriture par laser en 3D - dans le domaine de l'oncologie. « Nous avons fait l'acquisition d'un équipement très évolué et tenté de répondre au besoin des urologues de l'Institut universitaire du cancer de Toulouse, qui souhaitaient isoler les cellules tumorales dans le sang », raconte la chercheuse.

Le projet, soutenu par le CHU de Rangueil, aboutit en 2015 à un brevet - aujourd'hui international - et Aline Cerf reçoit un financement ANR Jeunes Chercheurs de 270 000 € sur 4 ans. La start-up SmartCatch (10 collaborateurs), spin-off du CNRS, est créée en septembre 2016, pour travailler sur l'industrialisation du concept.

Le concept

La chercheuse et son équipe ont conçu une sorte de filet de pêche microscopique, fabriqué par lithographie 3D, capable de piéger les cellules tumorales circulantes (CTC). « Il mesure entre 200 et 600 micromètres, explique Aline Cerf, directrice scientifique de SmartCatch. En résine photosensible ou en métal, il permet de faire une capture passive des cellules cancéreuses dans le sang. » L'objectif est de fixer le filet sur des cathéters déjà en place dans les veines du patient, afin de capturer les cellules in vivo. Les CTC sont ainsi isolées dans des conditions physiologiques, sans interaction biochimique, comme c'est le cas avec d'autres méthodes qui utilisent des anticorps, et sans être dégradées par les processus classiques de traitement du sang avant analyse.  

Il est possible de multiplier le nombre de filets et de cellules capturées. Avoir une idée précise de leur densité permettra d'évaluer l'efficacité ou non d'un traitement. Le dispositif médical est jetable et non-invasif, et permet donc de répéter la récolte de CTC aussi souvent que nécessaire. Un procédé inédit au niveau mondial.

Les perspectives

Le premier produit de SmartCatch, quasiment prêt à être industrialisé, doit être commercialisé courant 2019. Il est destiné aux académiques, industries pharmaceutiques et centres de recherches pour leurs études et essais cliniques in vitro. L'Institut Claudius-Regaud (Toulouse) ou le Centre Léon Bérard (Lyon) sont déjà intéressés. Dans un second temps, la jeune pousse doit lancer son filet à usage in vivo dans les cliniques et hôpitaux. Parrainée par le groupe AstraZeneca jusqu'en 2021 et soutenue par Bpifrance et la Région Occitanie, la start-up est actuellement à la recherche de partenaires industriels. 

Aline Cerf (au premier plan), directrice scientifique au sein de la start-up Smart Catch.
Aline Cerf, directrice scientifique de la start-up toulousaine SmartCatch, a imaginé un "filet de pêche" miniature pour piéger les cellules tumorales circulantes dans le sang. — Photo : Frédéric Maligne/CNRS Photothèque

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