Haute-Garonne

Aéronautique

Rossi Aéro concrétise son projet industriel

Par Juliette Jaulerry, le 14 mai 2018

Avec son nouveau site à Eurocentre, au nord de Toulouse, la PME Rossi Aéro s'ouvre à l'automatisation de la production. Le producteur de pièces mécaniques pour l'aéronautique démarre aussi un nouveau service de réparation-maintenance et s'intéresse de près à la fabrication additive. 

Mathieu Rossi, président de Rossi Aéro, dans la nouvelle usine du site Eurocentre.
Mathieu Rossi, président de Rossi Aéro, dans la nouvelle usine du site Eurocentre. — Photo : Juliette Jaulerry - Le Journal des Entreprises

Avec un plan d’investissement de 35 millions d’euros sur cinq ans, Rossi Aéro n’a pas lésiné sur les moyens pour conduire son projet industriel. Née en 1976, l’entreprise artisanale familiale de fabrication de petites pièces mécaniques pour l’aviation civile est devenue un acteur industriel référent, récemment accrédité du label Sqip (Supply chain and Quality Improvement Program, décerné par Airbus). S'ils étaient 30 employés il y a dix ans, ils sont 260 aujourd’hui. Et le président Mathieu Rossi ne compte pas s'arrêter là : le plan de croissance de l'entreprise table sur 50 M€ de chiffre d'affaires en 2020 (34 millions aujourd'hui) avec au moins 320 salariés.

Automatisation

En janvier dernier, la PME a ouvert son nouveau site de 10 000 m² à Eurocentre, la zone logistique au nord de Toulouse. Devenu le siège du groupe, cette adresse héberge aussi un atelier aux allures de laboratoire avec une dizaine de machines japonaises dernier cri, gérées par une quinzaine de techniciens, ainsi que quatre magasins de stockage automatisés - un process ultra-optimisé de contrôle et de stockage sur trois étages. « La meilleure façon d’éviter l’erreur humaine, c’est l’automatisation », observe Mathieu Rossi, qui prône l'excellence de la qualité.  En 2014, il ouvre le capital de l’entreprise aux fonds d’investissement Irdi et BNP Paribas (actionnaires minoritaires) pour être accompagné dans son projet d’investissement. Au-delà de l’automatisation et de la robotisation de la production, l’entrepreneur suit une vision très claire de son modèle industriel : « Nous nous chargeons ici de la préservation de la qualité et de la production des pièces les plus complexes. Nous sommes aussi en mesure d’anticiper les dysfonctionnements et d’assurer de la production en série. Pour grandir et atteindre une taille critique, nous allons développer des partenariats avec des sociétés étrangères dans les pays à bas coûts. »

Fabrication additive

Autre piste déjà en route, celle de la maintenance et réparation (MRO) avec la création de la société Rossi MRO Solutions qui pourrait atteindre les 10 M€ de CA dans les 2 à 3 ans. Les pièces fabriquées sont des pièces mécaniques de moins de 2 m3 destinées à être livrées directement chez l’avionneur : « Nous équipons toutes les lignes d’assemblage final d’Airbus sauf celles en Chine et aux Etats-Unis », décrit le PDG qui est en discussion aujourd’hui avec d’autres avionneurs comme Boeing et Bombardier. Aux côtés du nouveau bâtiment d’Eurocentre, un site de 2000 m² est opérationnel depuis début 2016 pour stocker des matières premières. Le site historique de Saint-Caprais est dédié à l'usinage et au montage ; celui de Muret (société Nauroy Industries rachetée en 2012) abrite la fabrication en urgence et la série en tôlerie, chaudronnerie et formage à froid ; et un site de stockage d'outillages est en activité à Saint-Alban. Tournée vers l’innovation, Rossi Aéro s’intéresse aussi à la fabrication additive. Elle a investi dans la start-up Optalm (à hauteur de 25 % du capital) et pourrait intégrer ses savoir-faire à sa nouvelle activité de maintenance et réparation.

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