Haute-Garonne

Technologies

Perax mise sur l'écoconception pour assurer la pérennité de ses marchés

Par Paul Falzon, le 14 septembre 2020

Pour lutter contre l’obsolescence programmée, le spécialiste toulousain de la télégestion pour l’eau Perax rend ses produits systématiquement réparables et évolutifs. Une démarche d’écoconception qui vise à réduire les consommations de matières tout en apportant de nouveaux services à ses clients.

Equipe du spécialiste de la télégestion Perax Technologies
Basé près de Toulouse, le spécialiste de la télégestion Perax Technologies s'appuie sur une équipe de neuf personnes, dont le directeur et co-actionnaire Alain Cruzalebes (quatrième en partant de la droite). — Photo : Perax Technologies

Concepteur et fabricant de solutions de télégestion, notamment pour les métiers de l’eau, la société Perax Technologies (7 salariés, CA 2019 : 1 M€) fait basculer son modèle économique en misant sur l’écoresponsabilité. Son nouvel enregistreur-transmetteur, destiné à mesurer des débits ou des niveaux d’eau, a été pensé pour être intégralement réparable et évolutif, afin de garantir à ses clients une durabilité maximale. Il sera présenté lors du prochain salon Pollutec, en décembre 2020. « Notre gamme d’automates de télégestion P400XI suivait déjà ces principes : limiter les consommations de matières en remplaçant uniquement les composants abîmés ou obsolètes, et permettre aux clients de faire eux-mêmes les mises à jour pour garder les systèmes les plus performants possibles, explique Alain Cruzalebes, directeur général de Perax Technologies, basé à L’Union, près de Toulouse. La généralisation de l’écoconception s’accompagne d’une réflexion sur nos offres commerciales, avec l’objectif d’assurer la pérennité de l’entreprise. »

Depuis 2019, une indépendance retrouvée

Ce souci de pérennité s’explique par l’histoire récente de Perax Technologies. Indépendante de sa création en 1978 à son intégration au groupe Aqualabo en 2012, la PME a ensuite connu des années chahutées, les synergies espérées lors du rachat tardant à se concrétiser. Bilan, en 2018, les effectifs ont fondu de trente à sept personnes, et le chiffre d’affaires a été divisé par deux. Alain Cruzalebes propose alors à son actionnaire de reprendre l’activité, soutenu par un duo d’entrepreneurs toulousains, Marie-Armelle Bories et Jean-Yves Lelandais, également associés dans le bureau d’études Dralam Technologies (8 salariés, CA 2018 : 750 000 euros). La reprise, actée en avril 2019, est l’occasion de nouer un partenariat industriel avec Dralam, en charge de l’assemblage et des tests pour les produits Perax Technologies. Elle est surtout l’occasion pour Alain Cruzalebes et ses équipes d’interroger le modèle de l’entreprise.

Économie de la fonctionnalité

L’accompagnement engagé l’an dernier avec l’association Terres d’EFC Occitanie a permis de repenser l’offre de Perax sous le prisme de l’économie de la fonctionnalité. Autrement dit, comment créer plus de valeur pour l’entreprise et ses clients, tout en minimisant les impacts environnementaux tout au long du cycle de vie du produit. « Nous avons souhaité sortir de l’approche classique du fabricant, basé sur les volumes, pour aller sur une double différenciation : l’écoresponsabilité et la recherche de gains partagés. Nous avons commencé par nous rapprocher de nos clients directs, des bureaux d’études et des installateurs, pour mieux comprendre leurs besoins avant de faire évoluer nos gammes », détaille Alain Cruzalebes.

« L’innovation, c’est d’avoir un produit durable »

Le nouvel enregistreur-transmetteur de Perax Technologies sera donc réparable et évolutif mais aussi plus simple côté maintenance, notamment par l’absence de logiciels intégrés. Outre ses instruments de mesure, il embarque un détecteur de mouvement, un GPS, ainsi qu’une fonctionnalité Wifi et un navigateur web pour l’interface. Il comporte moins de composants que son prédécesseur dans la gamme, le Smartlog, dont il reprend le moule pour réduire les frais de conception et ouvrir au réemploi, et il pourra être alimenté par une batterie rechargeable ou des énergies renouvelables, avec cordon externe. L’appareil couvre enfin une large variété d’usages dans les métiers de l’eau, dans une logique de 20/80, là où les concurrents de Perax jouent la spécialisation des produits pour accroître leurs ventes. « Nous prenons le risque d’avoir l’image d’un produit peu innovant, alors que l’innovation c’est d’avoir un produit durable, sourit Alain Cruzalebes. Certains de nos automates de télégestion sont en place depuis plus de vingt ans chez nos clients, grâce à la mise à jour régulière de leurs composants et de leurs systèmes. »

Gains partagés

Mais avec des produits plus durables, comment assurer des revenus récurrents à l’entreprise ? La sortie du nouvel enregistreur-transmetteur va être l’occasion pour Perax Technologies de proposer une nouvelle offre à ses clients, en parallèle du schéma de vente classique. « Le principe est d’être rémunéré sur la base d’un service global, en proposant des contrats pluriannuels s’ajustant à la réalité des prestations réalisées, avec un partage entre le client et nous des économies permises par le non-remplacement des appareils. L’objectif est de trouver un schéma où le fabricant a intérêt à proposer un produit efficace et durable », résume Alain Cruzalebes.

Equipe du spécialiste de la télégestion Perax Technologies
Basé près de Toulouse, le spécialiste de la télégestion Perax Technologies s'appuie sur une équipe de neuf personnes, dont le directeur et co-actionnaire Alain Cruzalebes (quatrième en partant de la droite). — Photo : Perax Technologies

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