Haute-Garonne

Technologies

Naïo Technologies accélère sur tous les fronts

Par Marina Angel, le 21 janvier 2019

A l'origine du Forum International de la Robotique Agricole (FIRA) en décembre, à Labège (Haute-Garonne), le développeur de robots de désherbage mécanique Naïo Technologies (35 salariés, CA 2018 : 2,8 M€) multiplie les projets pour 2019. Au programme : extension des locaux, création d'emplois, nouveaux projets de R&D et levées de fonds.

Atelier de fabrication de robots pour l'agriculture Naïo Technologies, à Escalquens.
En 2019, 80 robots devraient être assemblés dans les locaux de Naïo Technologies, à Escalquens (Haute-Garonne). — Photo : © Naïo Technologies

Tout s'accélère chez Naïo Technologies. Pionnière dans le développement de robots de désherbage mécanique, la start-up, créée en 2011, près de Toulouse, par deux ingénieurs en robotique, Gaëtan Séverac et Aymeric Barthes, entend maintenir son avance. Au programme en 2019 : extension des locaux, création d'emplois, déploiement commercial à l'international, nouveaux projets de R&D et levées de fonds. « Nous avons démontré notre capacité à développer des robots qui répondent à un besoin du marché », se félicite Aymeric Barthes. Conçus pour désherber, biner et assister à la récolte, les robots autonomes et 100 % électriques de Naïo Technologies réduisent la pénibilité et le recours aux produits phytosanitaires.

Avec trois premiers modèles, la société totalise déjà 120 robots commercialisés, dont 40 en 2018. Pour 2019, l'objectif a été fixé à 80 robots. « Nous devons maintenant nous déployer à grande échelle. Notre ambition est de vendre 300 robots par an à l'horizon 2022 », souligne Aymeric Barthes. Le chiffre d'affaires, de 1,5 M€ en 2017, s'est établi à 2,8 M€ en 2018, pour dépasser les 7 M€ en 2020. De son côté, l'effectif, actuellement de 35 salariés, va être conforté de 50 postes supplémentaires d'ici à deux ans.

Déjà à l'étroit sur son site d'Escalquens (Haute-Garonne), où elle s'est installée en avril 2017, la start-up prépare une première extension pour doubler la surface de ses locaux (bureaux et ateliers) qui devrait être portée à 1 500 m2 début 2019. Le chantier est en cours de finalisation.

Une avance sur le marché des robots agricoles

Après Oz, son premier robot dédié au désherbage des petites productions maraîchères, mis sur le marché en 2014, un deuxième modèle, baptisé Dino, a été développé en 2016 pour assurer le binage de productions légumières de plein champ, pour des surfaces de plus de 10 hectares. Évolutif, Dino peut être équipé de différents types d'outils, adaptables en fonction de la nature des sols et des cultures. Plus léger qu’un tracteur, il permet d’éviter le tassement des sols, malgré des passages réguliers.

Dans la foulée, la société a mis au point Ted, un robot enjambeur viticole, spécifiquement conçu pour le désherbage de la vigne. Fruit d’un projet collaboratif, conduit en partenariat avec l’Institut français de la Vigne et du Vin (IFV) et le Laas-CNRS (Laboratoire d'Analyse et d'Architecture des Systèmes), et cofinancé par la Région Occitanie, Ted est commercialisé depuis fin 2017. « Nous avons une réelle avance sur le marché. Alors que beaucoup de projets de nos concurrents sont encore en phase de R&D ou de tests, nos produits sont opérationnels », insiste Aymeric Barthes.

Déploiement à l'international

Oz, Dino et Ted ont conquis de nombreux clients en France et à l'international, où la société tisse progressivement son réseau de distribution. Déjà représentée en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Grande Bretagne et au Danemark, Naïo Technologies cherche à signer de nouveaux accords commerciaux. « Nous avons des contacts encourageants en Autriche, en Hongrie, en Espagne, en Italie et aux États-Unis », précise Aymeric Barthes.

Pour renforcer sa notoriété, la start-up a pris l'initiative dès 2016 d'organiser le Forum International de la Robotique Agricole (FIRA). Cet événement, dont l'édition 2018 s'est tenu les 11 et 12 décembre au centre de congrès Diagora, à Labège, réunit dorénavant chaque année les acteurs mondiaux (grands industriels, laboratoires de recherche et start-up) de la robotique agricole.

Préparer la seconde génération de robots

Forte de ses premiers succès commerciaux, Naïo Technologies cherche à valoriser les retours d'expériences de ses clients pour améliorer sans cesse sa technologie. De nouveaux projets de R&D portent à la fois sur l'architecture des châssis, les aspects de navigation et de sécurité, l'adaptabilité à de nouvelles configurations d'usage et les process d'industrialisation. « Pour assurer notre leadership, nous devons monter en maturité technologique et industrielle sur nos trois produits et préparer très vite la sortie d'une seconde génération de robots », explique Aymeric Barthes.

Pour accompagner tous ces projets de développement, la start-up vient de lever 2,5 millions d'euros auprès de ses deux actionnaires historiques, les fonds spécialisés Demeter et Cap Agro. Une première étape en vue d'une nouvelle levée de fonds, « sans doute beaucoup plus importante », confie le chef d'entreprise. Programmée pour le courant de l'année 2019, elle devrait marquer l'entrée de nouveaux investisseurs au capital de Naïo.

Atelier de fabrication de robots pour l'agriculture Naïo Technologies, à Escalquens.
En 2019, 80 robots devraient être assemblés dans les locaux de Naïo Technologies, à Escalquens (Haute-Garonne). — Photo : © Naïo Technologies

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