Haute-Garonne

Emploi

L'insertion pour combler les déficits de main d'oeuvre

Par Paul Falzon, le 27 mai 2019

D'ici la fin de l'année, en Haute-Garonne, deux Groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification (GEIQ) vont voir le jour sur les métiers du numérique et de la peinture aéronautique. Une façon innovante de répondre aux difficultés de recrutement dans ces secteurs.

Mecaprotec est spécialisé dans le traitement de surface des pièces aéronautiques.
Prévue pour septembre, la première promotion du GEIQ Industries 31 va former 12 personnes à la peinture aéronautique, un métier en forte tension dans le bassin toulousain. — Photo : Fleur Olagnier/Le Journal des entreprises

Encore peu connus du grand public, les Groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (Geiq) assurent l’embauche et la formation en alternance de personnes éloignées de l’emploi, au bénéfice d’entreprises partenaires. Il en existe déjà quatre sur la métropole toulousaine, sur les filières de l’aide à domicile, la propreté, les espaces verts et le BTP. Deux autres sont en cours de finalisation, dédiés à des secteurs où l’emploi est en forte tension : le numérique et l’industrie.

Le premier Geiq de France dédié au numérique

Initié par Toulouse Métropole Emploi et porté par cinq entreprises fondatrices, le groupement Nooc (pour Numérique Ouest Occitanie) sera le premier Geiq de France consacré aux métiers du numérique. Une première promotion de douze personnes sera lancée d’ici à la fin d’année, sur les métiers de chargé d’études réseaux et télécoms et de développeur. « Nous nous situons dans une approche multisectorielle : l’objectif est de servir l’ensemble des entreprises utilisant le numérique », précise Jean-François Kappes, directeur régional de Simplon et futur secrétaire de Nooc.

Un Geiq industriel d'abord tourné vers l'aéronautique

À l’origine du Geiq Industries 31, on trouve Garonne Emploi, un groupement d’emploi déjà présent auprès de 38 entreprises de la région. Le dispositif d’insertion va se tourner en priorité sur une formation en peinture aéronautique, un métier où le besoin en main-d’œuvre est estimé à 140 personnes d’ici à l’an prochain.

Quatre spécialistes locaux de ce marché (Satys, Sabena Technics, GIT et Mecaprotec) ont adhéré au projet, qui a aussi reçu le soutien de l’UIMM. Une première promotion de douze personnes sera lancée en septembre, avec l’objectif d’au moins trois autres sessions en 2020. À terme, le Geiq Industries 31 souhaite aussi couvrir des métiers transversaux de l’industrie, comme la maintenance et l’usinage.

Les atouts d'un Geiq

« Se tourner vers l’insertion ne signifie pas baisser les critères de sélection des entreprises, mais sortir des profils types de recrutement. Le Geiq est l’outil idéal pour sélectionner des personnes motivées et les faire monter en compétences, tout en sécurisant les entreprises partenaires », se félicite Christophe Abella, directeur Emploi Formation au sein de l’UIMM Midi-Pyrénées.

« Avec le Geiq, les entreprises deviennent coproductrices de l’emploi, et plus seulement consommatrices. »

Les publics sont recrutés et salariés par le Geiq, qui assure aussi le suivi de la formation et, si besoin, l’accompagnement social (transport, logement). « Comparé aux dispositifs traditionnels d’insertion, c’est un schéma beaucoup plus simple à gérer pour l’entreprise, résume Sophie Audugé, chargé de projet au sein de Toulouse Métropole Emploi. Les retours d’expérience au sein des Geiq existants sont très positifs, avec 70 % de sortie dans l’emploi. »

La finalité d’un Geiq reste l’embauche dans les entreprises partenaires du dispositif. « Mais en mutualisant les moyens dédiés à l’insertion et en ouvrant le projet aux autres acteurs du territoire (collectivités, missions locales, services de l’État), on change la logique de recrutement : les entreprises deviennent coproductrices de l’emploi, et plus seulement consommatrices », souligne Philippe Guarch Ferrer, directeur de Garonne Emploi, qui va assurer le pilotage du Geiq Industries 31.

Mecaprotec est spécialisé dans le traitement de surface des pièces aéronautiques.
Prévue pour septembre, la première promotion du GEIQ Industries 31 va former 12 personnes à la peinture aéronautique, un métier en forte tension dans le bassin toulousain. — Photo : Fleur Olagnier/Le Journal des entreprises

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