J.-P.Saintouil : Témoindes maladies de notre siècle

Par la rédaction, le 01 mai 2009

Depuis février2007, il dirige le pôle de compétitivité Cancer-Bio- Santé. Marié, père de trois filles, polyglotte, Jean-Pierre Saintouil a posé ses valises à Toulouse, après avoir parcouru le monde pendant 22 ans pour des acteurs de premier plan du secteur de la santé. Valérie Ravinet
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

Les dossiers s'empilent sur le bureau, sur la table de réunion, sur les dessertes, avec un air de désordre organisé. D'ailleurs, dès qu'il fait référence à un thème, Jean-Pierre Saintouil n'a aucune hésitation pour débusquer le document dont il a besoin. Sur les murs, des éléments de décor qui renseignent sur l'homme: une carte détaillée du Japon jouxte un tableau de masques coréens; un peu plus loin, c'est la Californie qui s'offre à vous; sur la paroi opposée, une vue du futur Cancéropôle. Le portable se met à carillonner, quelques «dings» espacés, lents et doux. «Une sonnerie apaisante» commentera Jean-Pierre Saintouil. Il vous présente ses excuses, un appel vraiment important. Lorsque vous lui proposez de quitter la pièce, il décline; c'est lui qui sortira. Un homme posé plus que calme, qui laisse entrevoir ses qualités managériales, avec ce petit rien de causticité qui rend l'échange ludique et dynamique. Une attitude sereine qui cohabite avec une âme d'homme de passions. «J'ai à l'évidence besoin de travailler sur des projets passionnants; avec le temps, je suis passé de passionné enthousiaste à passionné raisonnable» observe-t-il. La carrière de Jean-Pierre Saintouil, aujourd'hui directeur du pôle de compétitivité Cancer-Bio-Santé, est pavée de projets captivants.




Une carrière internationale

En 1982, après un court détour dans le secteur de l'océanographie- «la mer, cette autre passion» - il entre à l'Institut Pasteur Production comme délégué technico-commercial. Cette même année, le secteur diagnostic de l'Institut est placé sous le contrôle de Sanofi et devient Sanofi Diagnostics Pasteur. Jean-Pierre Saintouil y passera 18 ans de sa vie, «à part la calvitie, une autre de mes caractéristiques est la fidélité dans le travail». Selon sa volonté exprimée dès cette première embauche, ses postes successifs, de chef de zone export à directeur marketing stratégique, seront placés sous le sceau de l'international et de l'innovation. En 1985, Jean-Pierre Saintouil participe à la mise sur le marché des premiers tests de dépistage du Sida. Il garde un souvenir ému d'un Noël en Afrique. «Nous avions été retenus par le ministère des Affaires étrangères pour équiper les banques de sang de 21 capitales africaines de matériel de dépistage et apprendre aux gens sur place à s'en servir», raconte-t-il. «Je me suis rendu spontanément au ministère pour connaître la date de mon départ. Mon interlocuteur a été très étonné que je prévois d'y aller moi-même». Ils sont finalement partis à deux, avec la mission de boucler le projet en un mois. Ils ont rencontré tous les aléas: matériels non dédouanés, collecte de sang contaminé par le VIH à 30%... Après l'Afrique, cap sur l'Asie. Il découvre le Japon, pour lequel il éprouve une véritable fascination. «C'est une culture si différente, on adore ou on déteste» résume-t-il. Il raconte, le rire encore dans les yeux, sa première négociation au Japon, totalement ratée du fait de sa méconnaissance culturelle. «C'est un pays où tout a du sens, où le rituel est essentiel, où chaque geste peut paraître grossier s'il n'entre pas dans le code». Outre les séances d'aïkido, Jean-Pierre Saintouil s'apprête aujourd'hui à prendre des leçons de japonais. Pour le parler, dans un premier temps. «Peut-être parviendrai-je un jour à l'écrire», ajoute-t-il.




Retour à Toulouse

En 1997, Jean-Pierre Saintouil fait connaissance avec les États-Unis. D'abord pour Sanofi et Beckman Instruments, puis pour Bio-Rad Laboratories, basés en Californie, il s'occupe depuis Paris de gammes de produits pour le diagnostic de maladies cardio-vasculaires, du diabète et de maladies auto-immunes. Lorsqu'on l'enjoint à venir s'installer dans la région de San Francisco, il décide de quitter l'entreprise américaine pour rejoindre l'Institut Pasteur comme responsable du transfert de technologies. Sept ans plus tard, l'opportunité de retrouver Toulouse se présente. Il prend en février2007 la direction du pôle Cancer-Bio-Santé, sous la présidence du professeur Roland Bugat. Un poste qui lui permet d'allier toutes ses compétences de négociateur et de stratège, un poste où le mot coopération a du sens. Et même s'il reste un rien nostalgique de sa vie parisienne, l'environnement scientifique allié à l'économique lui sied à merveille.

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