Toulouse

Conseil

Ipside digitalise le conseil en propriété intellectuelle

Par Fleur Olagnier, le 29 août 2019

Conseiller en protection des créations depuis 1984, Ipside choisit d'attaquer le marché des start-up en créant une plateforme de "legaltech" pour faciliter les dépôts de marques et brevets. Un service qui devrait mettre la PME toulousaine sur le devant de la scène mondiale de l'expertise en propriété intellectuelle d'ici à cinq ans.

Christophe Cornuéjols, président d'Ipside.
Christophe Cornuéjols, président d'Ipside. — Photo : Mia Com

Depuis son arrivée à la présidence d’Ipside (CA 2018 : 18 M€) en 2010, Christophe Cornuéjols n’a de cesse de dépoussiérer l’image du cabinet toulousain de conseil en propriété intellectuelle. Anciennement Schmit-Chrétien, du nom des fondateurs en 1984, l’entreprise arbore depuis trois ans l’appellation Ipside. "Ip" pour "propriété intellectuelle" en anglais, offrant ainsi une image plus claire et moderne sur les marchés américain et asiatique.

Un nom qui s'avère être un atout, puisque, outre ses neuf agences en France, la société a plusieurs clients prestigieux aux États-Unis (Zodiac, Dolby…) et a ouvert des bureaux en Chine en 2016. Six collaborateurs, sur les 80 que compte Ipside, travaillent aujourd’hui en Asie. « Notre rôle est d’assister les entreprises dans leurs dépôts de brevets et marques, explique Christophe Cornuéjols. Nos ingénieurs rédigent, dans les formes, les brevets pour couvrir la prouesse technique et esthétique d’une invention, et nos juristes font de même pour les marques. »

Conquérir la clientèle asiatique

Or, la culture d’entreprise et la manière de rédiger diffèrent entre l’Asie et l’Europe. Ipside éduque donc les entreprises chinoises au formalisme occidental, et réciproquement. « C’est un marché colossal. Il ne représente qu’une faible part de nos 5 000 clients annuels, mais pourrait peser plus de 10 % d'entre eux dans à peine deux ans », assure le président d’Ipside.

Parallèlement, le Toulousain, qui accompagne en majorité des PME, ETI et start-up, a lancé, en février 2019, Ipipip, une plateforme "legaltech" (nouvelles technologies au service du droit). Cet outil en ligne est destiné à faciliter les démarches de propriété intellectuelle avec une trentaine de prestations en ligne. « Autrefois, les brevets étaient rédigés à la main… Mais la profession se digitalise et les start-up n’ont plus le temps d’attendre un mois pour avoir un rendez-vous », note Christophe Cornuéjols.

Développer l'offre la plus riche

Sur Ipipip, les entreprises accèdent à de multiples informations sur le dépôt de brevet et peuvent passer commande en ligne. La demande de brevet est traitée par un ingénieur ou un juriste d’Ipside, puis renvoyée sous 15 jours, contre environ six mois par le passé. Les informations renseignées en ligne par l’inventeur sont déjà préformatées, ce qui permet aux rédacteurs de gagner du temps et, par conséquent, de baisser le coût pour le client final : environ 2 500 € pour un brevet au lieu de 4 000 €.

La France compte une dizaine d'entreprises spécialisées dans la "legaltech", mais aucune ne propose autant de services. Même les géants américains, comme Rocket Lawyer, n’ont pas d’offre aussi riche, assure Ipside. « L’horodatage de données, grâce à la blockchain, pour dater les contenus de réunions ou les commandes des fournisseurs, est notamment un marché nouveau, mais la demande est déjà massive », note Christophe Cornuéjols. Ipside compte aussi développer l’achat-vente de brevets sur Ipipip.

Avec toutes ces prestations d’abord proposées aux entreprises françaises puis à l’international, la société envisage de devenir un acteur mondial de poids et vise les 50 M€ de chiffre d'affaires pour Ipipip d’ici à cinq ans.

Christophe Cornuéjols, président d'Ipside.
Christophe Cornuéjols, président d'Ipside. — Photo : Mia Com

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