Toulouse

Spatial

Hemeria et le Cnes annoncent le lancement du premier nanosatellite industriel français

Par Fleur Olagnier, le 08 octobre 2019

La société Hemeria (anciennement Nexeya) a fabriqué le premier nanosatellite industriel français, en collaboration avec le Cnes. Angels doit partir à Kourou (Guyane) le 16 octobre, pour un lancement prévu à partir du 17 décembre. Le "cubesat" va embarquer avec lui une toute nouvelle version miniaturisée d'un instrument de collecte des données Argos, et servir de démonstrateur à une future suite industrielle de 25 nanosatellites, déjà commandée par Kinéis. 

Essais de la plateforme Angels en chambre anéchoïque pour vérifier sa propreté électromagnétique.
Essais de la plateforme Angels en chambre anéchoïque pour vérifier sa propreté électromagnétique. — Photo : Cnes/Gwenawen Le Bras

« Le nanosatellite Angels a été développé et qualifié en à peine deux ans et demi, un record dans le spatial », met en avant Thibery Cussac, chef de projet Angels, côté Cnes. Une équipe de 25 personnes, dont cinq ingénieurs du Centre national d’études spatiales, ont travaillé ensemble sur la plateforme satellite miniature dans les locaux d’Hemeria (180 salariés, dont 170 à Toulouse ; CA : 35 M€). C’est Nexeya qui avait été sélectionné sur appel d’offres, début 2017, par le Cnes, maître d’ouvrage, pour mener à bien le projet Angels. Depuis, 80 % des activités de Nexeya ont été cédées au groupe allemand Hensoldt, et les 20 % d’activités spatiales et de défense ont été regroupées au sein de la nouvelle PME Hemeria.

La plateforme Angels et sa charge utile, qui doivent être lancées de Kourou, en Guyane, autour du 17 décembre 2019, représentent 10 M€ d’investissement, dont 3 M€ de la part d’Hemeria. Au format standard cubesat (satellite cubique miniature) de 12 unités (environ 12 litres), le premier nanosatellite industriel français Angels doit servir de démonstrateur à une future ligne de produits Smallsats - plateformes hors charge utile et ingénierie système. Angels a été réalisé à coûts réduits, notamment par une utilisation massive de composants commerciaux. De plus, tous les équipements de bord (calculateur, boîtier de puissance…) ont été miniaturisés.

Une première commande par Kinéis

Une première commande a été passée par Kinéis, opérateur de la mission Argos à la place de CLS depuis juin, pour 25 nanosatellites d’une nouvelle constellation dédiée aux objets connectés. Les cinq premiers nanosatellites de cet ensemble, qui équivaudront à de petits satellites d’environ 25 kg (comparables en volume à des cubesats 16 unités) et avec un format spécifique propriétaire, devraient être livrés début 2022, pour une mise en orbite dans le premier semestre. À noter que Kinéis, aujourd’hui filiale à 100 % de CLS, est en train de réaliser une levée de fonds de 100 M€, « finalisée à 95 % » d’après son directeur général Alexandre Tisserant. La société sera ensuite détenue en minorité par des acteurs publics, comme le Cnes, et en majorité par le privé.

Le projet Angels est aussi l’occasion de tester une nouvelle génération d’instruments de collecte de données. Le nanosatellite va en effet embarquer un instrument Argos-Neo, une charge utile de collecte de données Argos miniaturisée, dix fois plus légère et trois fois moins énergivore que l’original. Actuellement, 8 000 balises Argos sont liées à des animaux, 5 000 à des bouées en mer (météo) et plusieurs milliers sur des bateaux de pêche. Si le test Angels en orbite s’avère concluant, la miniaturisation devrait permettre l’envoi de nombreux instruments Argos-Neo dans l’espace à moindre coût, afin d’augmenter la réactivité du système Argos.

Des échanges avec Airbus D & S et Thalès

« Par ailleurs, nous avons signé un memorandum of understanding avec Airbus Defence and Space et Thalès Alenia Space, et d’autres sont en cours, partage Laurent Javanaud, directeur de la ligne de produits Smallsats d’Hemeria. Des rencontres sont organisées tous les mois pour définir des segments sur lesquels nous pouvons nous positionner et proposer nos produits dans le militaire, le scientifique, l’export… »

Hemeria vise déjà plusieurs appels d’offres avec ses plateformes haute-fiabilité, conçues pour des missions opérationnelles d’une durée de vie de cinq ans en moyenne.

Essais de la plateforme Angels en chambre anéchoïque pour vérifier sa propreté électromagnétique.
Essais de la plateforme Angels en chambre anéchoïque pour vérifier sa propreté électromagnétique. — Photo : Cnes/Gwenawen Le Bras

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