Toulouse

Transport

Eva invente le taxi volant électrique autonome

Par Fleur Olagnier, le 23 août 2018

Créée en juin 2017, la start-up Eva (Electric Visionary Aircrafts) développe le premier taxi volant électrique autonome au monde. La jeune pousse basée à Francazal, près de Toulouse, prépare une levée de fonds de 10 millions d'euros pour tester son prototype taille réelle à la fin de l'année.

Le véhicule volant d'EVA (Electric Visionary Aircrafts) sera le seul biplace électrique au monde à pouvoir se garer n'importe où. — Photo : Eva

Les créateurs

La voiture volante, une utopie ? Pas pour Olivier Le Lann, cofondateur de la start-up Eva (pour Electric Visionary Aircrafts). L'ancien business manager chez Tesla cherchait un moyen d'aller plus loin que le covoiturage autonome proposé par le constructeur américain. Pour son projet de désencombrement urbain, il envisage donc de passer... par les airs. « Nous avons commencé à concevoir un engin rapide, écologique et facile à utiliser qui décolle verticalement et vole ensuite comme un avion, raconte Gianmarco Scalabrin, l'autre cofondateur d'Eva, un ingénieur italien passé par Amazon. Et les calculs ont montré que c'était possible ! ». Après avoir comparé des dizaines de villes dans le monde, c'est finalement pour son écosystème aéronautique et automobile et son nid d'ingénieurs que les deux compères choisissent Toulouse. Ils y créent leur start-up en juin 2017.

Le concept

Installée à Francazal, l'ancienne base militaire transformée en écosystème des transports du futur, la société Eva (10 collaborateurs) développe aujourd'hui le premier appareil electric vertical take off and landing (eVTOL) capable d'atterrir n'importe où. L'engin biplace possède des ailes d'avion qui lui permettront d'atteindre les 400 km/h. Le trajet Paris CDG - La Défense ne prendra ainsi que 10 minutes contre 50 en voiture. Mais surtout, les ailes sont repliables à l'atterrissage et au décollage, qui se font de manière verticale. Avec ses 5 mètres sur 2, le véhicule sera donc passe-partout, contrairement aux machines étudiées par la centaine de concurrents d'Eva (dont Airbus, Rolls Royce...).

Les perspectives

Aujourd'hui, Eva teste des prototypes à l'échelle 1:5, déjà pourvus de quatre brevets européens et américains. « Nous préparons une levée de fonds de 10 M€ qui servira notamment à effectuer le premier vol d'essai d'un véhicule taille réelle fin 2018, souligne Gianmarco Scalabrin. Cet engin devrait déjà être certifié à 60 %. Le fait de n'avoir que deux places nous permet en effet d'aller plus vite que les autres ».

Eva vise le marché des riches particuliers et des entreprises privées pour la logistique, le sauvetage et surtout le transport en taxi. « Beaucoup de sociétés du Sud-Est asiatique ont déjà réservé leur véhicule, affirme l'ingénieur. Cette zone à la réglementation plus souple est très encline aux tests de véhicules volants. C'est sans doute là-bas que volera notre premier biplace commercialisé fin 2020 ». D'abord piloté par l'homme à distance comme un drone puis totalement autonome, le véhicule Eva sera proposé à 250 000 € (sans options). Pour atteindre ces objectifs, la jeune pousse compte ensuite lever 100 M€ en 2019. Très ambitieuse, elle vise 60 M€ de CA en 2021 et 950 Md€ en 2022.

Le véhicule volant d'EVA (Electric Visionary Aircrafts) sera le seul biplace électrique au monde à pouvoir se garer n'importe où. — Photo : Eva

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