Toulouse

Aéronautique

Donecle automatise l'inspection d'avions grâce au drone

Par Fleur Olagnier, le 27 août 2019

La start-up toulousaine Donecle a développé un drone aérien qui permet d'inspecter les aéronefs automatiquement. Un gain de temps et d'argent pour les entreprises de maintenance et les compagnies aériennes.

Matthieu Claybrough, Alban Deruaz-Pepin et Josselin Bequet, cofondateurs de Donecle à Toulouse
Matthieu Claybrough, Alban Deruaz-Pepin et Josselin Bequet, cofondateurs de la start-up toulousaine Donecle. — Photo : Donecle

Les créateurs

Vis manquante, craquelure, impact de foudre ou de grêle… Les avions de ligne ou d’essai sont très régulièrement inspectés. Une tâche chronophage et dangereuse. « Nous avons compris que les 1 000 m2 de surface externe d’un aéronef étaient inspectés à l’œil, ce qui immobilise l’appareil pendant au moins six heures, note Josselin Bequet, président et cofondateur de Donecle (20 collaborateurs). Le risque pour l’opérateur suspendu à une ligne de vie entre 10 et 20 mètres de hauteur n’est pas négligeable. Nous avons donc conçu un drone aérien pour automatiser cette inspection. » Avec deux amis également issus du milieu aéronautique, Matthieu Claybrough et Alban Deruaz-Pepin, il fonde Donecle en 2015 et intègrent l’IoT Valley, à Labège, début 2016.

Le concept

Le drone de Donecle suit automatiquement un plan de vol d’inspection préprogrammé. Il n’a donc pas besoin d’être piloté manuellement, ce qui limite les risques de collision avec l’aéronef ; il n’utilise pas le GPS et peut ainsi fonctionner à l’intérieur des hangars aéronautiques. En moins d’une heure, le drone collecte des photos haute définition de toute la surface de l’avion. « Notre spécificité est le logiciel d’intelligence artificielle que nous avons développé pour analyser automatiquement toutes ces images, souligne Hélène Druet, responsable marketing. Le machine learning nous a permis, au fil des vols - déjà plus de 500 avions inspectés -, de construire une base de données d’anomalies conséquente, et ainsi d’évaluer la qualité des peintures, répertorier les impacts ou encore vérifier la présence des étiquettes réglementaires avec toujours plus de précision. »

Différents projets de recherche sur des drones d’inspection ont été menés ces derniers mois par EasyJet, Air-Cobot ou encore Lufthansa, mais aucun n’a encore finalisé de solution fonctionnelle industrialisable comme le drone de la start-up toulousaine.

Les perspectives

Donecle commercialise sa solution depuis 2018 sous la forme d’une souscription annuelle incluant le drone, l’accès au cloud où sont stockées les photos HD, l’analyse d’image et la formation des opérateurs. La société recense six clients réguliers dont Airbus, Air France, Dassault et Austrian Airlines. Aujourd’hui, la solution fonctionne pour l’inspection des familles A320 et B737, et un élargissement est en cours à d’autres modèles comme les A380 ou Embraer. Donecle travaille également sur une détection plus précise des anomalies avec de nouveaux capteurs et, depuis un an et demi, sur les aéronefs d’affaires et militaires (20 % de l’activité). En 2016, la start-up qui ne souhaite pas communiquer sur son chiffre d'affaires, avait levé 1 M€ auprès du fonds de Delta Drone, et planifie un second tour de table prochainement.

Matthieu Claybrough, Alban Deruaz-Pepin et Josselin Bequet, cofondateurs de Donecle à Toulouse
Matthieu Claybrough, Alban Deruaz-Pepin et Josselin Bequet, cofondateurs de la start-up toulousaine Donecle. — Photo : Donecle

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Recevez chaque vendredi le Débrief, l'essentiel de l'actualité économique de votre région.