Occitanie

Agriculture

Coronavirus : la coopérative Arterris s'organise pour assurer le prochain cycle agricole

Par Paul Falzon, le 24 mars 2020

Principale coopérative agricole du Sud-Ouest, Arterris a adapté ses méthodes pour assurer la fourniture et le suivi technique de ses 25 000 adhérents. Après un pic d'activité la semaine dernière, l'activité de transformation agroalimentaire se stabilise.

Face à la crise du Covid-19, la coopérative Arterris a maintenu l'essentiel de son réseau de 95 dépôts et 127 silos pour servir ses 25 000 adhérents agriculteurs.
Face à la crise du coronavirus, la coopérative Arterris a maintenu l'essentiel de son réseau de 95 dépôts et 127 silos pour servir ses 25 000 adhérents agriculteurs. — Photo : DR

Avec 25 000 agriculteurs adhérents, la coopérative Arterris (2 200 salariés, CA 2019 : 998 M€) est le principal acteur de la filière en Occitanie mais aussi dans certains départements limitrophes des régions Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Elle est aussi le premier producteur national sur des cultures comme les blés durs, le tournesol et le sorgho. « Notre priorité absolue est de préserver le prochain cycle de production agricole : les cultures d’été déjà en cours, comme le colza, les blés durs et les blés tendres, ou les cultures d’automne qui sont actuellement semées comme le maïs, le sorgho et le tournesol », indique Bénédicte Rolland, secrétaire générale d'Arterris.

Procédures de distanciation

Assurer la continuité de l’activité agricole tout en assurant la sécurité des coopérateurs et salariés implique d’adapter les pratiques. À l’exception de petites unités où les personnels sont retenus par la garde d’enfants, la plupart des 95 dépôts d’agrofournitures (engrais, semences, produits phytopharmaceutiques, aliments, équipements) restent ouverts avec des procédures de distanciation au moment de valider le bon de commande et de charger la commande. De même, les salariés de la coopérative assurent le suivi technique des parcelles et élevages en l’absence des exploitants. Pour toutes les fonctions où cela est possible (administratif, gestion des commandes, fonctions support), le télétravail est privilégié.

Inquiétudes pour la filière ovine

Au sein de son pôle agricole, un seul marché souffre pour l’instant de la crise sanitaire : la commande de carcasses. « Nous n’avons quasiment plus de commandes du secteur de la restauration hors foyer (restaurants, collectivités publiques, restaurants collectifs, NDLR), notamment en Île-de-France. En fin de semaine dernière, la baisse atteignait 50 % sur cette activité : avec la réouverture du marché de Rungis le 23 mars, nous aurons une idée plus claire de la tendance », précise Bénédicte Rolland.

La grande inquiétude d’Arterris concerne le marché ovin, dont la coopérative est le premier opérateur national : le pic de ventes attendu sur les agneaux avec les fêtes de Pâques n’aura certainement pas lieu. Les équipes commerciales travaillent à des débouchés alternatifs, notamment à l’export.

Des standards sanitaires élevés dans les usines

Au sein du pôle agroalimentaire et de transformation (666 salariés pour 363 M€ de chiffre d’affaires), le boom des achats enregistré il y a dix jours a entraîné un surcroît temporaire d’activité, avant un retour à la normale. « La situation est inédite : personne ne sait pas comment le marché va se comporter, reconnaît la secrétaire générale Bénédicte Rolland. Nous essayons de nous adapter tous les jours, avec l’organisation chaque matin d’un comité directeur et des contacts réguliers avec les responsables de site. »

Arterris compte trois usines dédiées à l’alimentation du bétail, sept usines de semences et une dizaine de sites pour ses marques agroalimentaires (La Belle Chaurienne, Secrets d’Éleveurs, Les Bories du Périgord…). Pour l’instant, la production et la logistique ne souffrent d’aucun défaut. « Ces derniers jours, on sent qu’il faut être plus présent auprès des salariés pour les rassurer. L’avantage est que nos usines agroalimentaires respectent déjà des normes sanitaires très élevées, avec le port systématique d’équipements de protection individuelle (masques, calottes, blouses, gants) auquel nous avons ajouté le respect des gestes barrières. »

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