Haute-Garonne

Aéronautique

Coronavirus : chez Airbus, la reprise de l'activité s'est faite « poste par poste »

Par Paul Falzon, le 23 mars 2020

Programmée ce 23 mars, la reprise de la production chez Airbus se fait au fur et à mesure des contrôles de santé et de sécurité sur les postes de l'entreprise. Les syndicats appellent à la plus grande vigilance.

Assemblage d'un avion sur un site d'Airbus à Toulouse
Face à la pandémie de coronavirus, la direction d'Airbus a promis de ne remettre en activité que les postes répondant aux nouveaux standards de santé et de sécurité. — Photo : Airbus SAS / P. Masclet

La date avait été fixée par Airbus dès l’annonce de l’arrêt de ses sites français et espagnols le 17 mars : la production a repris le 23 mars à Toulouse, après quatre jours qui devaient permettre de « mettre en place des conditions de santé et de sécurité strictes en termes d’hygiène, de nettoyage et d’auto-éloignement » dans ses ateliers.

De l’aveu même de la direction, le retour à l’activité se fait très progressivement, après des contrôles « poste par poste, ligne par ligne » du respect des nouveaux standards de sécurité, indique un porte-parole de l’avionneur. « Les postes de travail de nos sites français et espagnols ne rouvriront que s’ils sont conformes aux exigences », insiste Guillaume Faury, P.-D.G. du groupe, dans un communiqué de presse.

L’exemple de l’usine chinoise d’Airbus

Cette première journée de travail ressemble donc plus à un test grandeur nature qu’à une remise en route des lignes de production. De source syndicale, on estime que la véritable reprise ne devrait pas intervenir avant le mercredi 25, comme pour les sites du groupe en Loire-Atlantique. Les effectifs concernés devraient rester limités : 10 à 20 % des salariés dans un premier temps. La direction d’Airbus se veut confiante sur sa capacité à assurer des conditions de travail satisfaisantes pour les salariés. « En février, la chaîne d’assemblage final de Tianjin (Chine) a repris ses activités après une fermeture provisoire liée à l’épidémie de coronavirus. Elle est désormais parfaitement opérationnelle », indique le communiqué de presse diffusé par le groupe.

« Une aberration de prendre tous ces risques »

Les syndicats ne partagent pas cet optimisme. Chez Force Ouvrière, majoritaire dans les instances de représentation du personnel, une lettre adressée à la direction exige le retour au travail « sur la base du volontariat », et aussi que « le nombre de salariés qui seront amenés à assurer ces opérations sur site (soit) minimisé autant que possible ». Le ton est plus dur à la CGT qui a demandé à la direction « l’arrêt de tout ce qui n’est pas vital pour le maintien de l’appareil industriel », et le confinement des salariés du groupe. « C’est une aberration de prendre tous ces risques pour assembler des avions qui pourraient tout autant être construits dans trois semaines. D’autant qu’on sait que les compagnies aériennes vont avoir de graves difficultés financières à l’issue de cette crise », résume Michel Molesin, coordinateur CGT du groupe Airbus.

Les prévisions d’Airbus pour 2020 annulées

Face aux incertitudes qui pèsent sur la filière, la direction d’Airbus a décidé d’annuler ses prévisions pour 2020, et identifié « divers scénarios opérationnels, y compris des mesures visant à réduire les besoins de trésorerie ». Le groupe a également obtenu une nouvelle facilité de crédit de 15 milliards d’euros, portant ses liquidités à 30 milliards d’euros, et proposé de retirer les dividendes prévus pour un montant de 1,4 milliard d’euros. La mesure doit être validée par la prochaine assemblée générale d’Airbus, programmée pour le 16 avril.

Assemblage d'un avion sur un site d'Airbus à Toulouse
Face à la pandémie de coronavirus, la direction d'Airbus a promis de ne remettre en activité que les postes répondant aux nouveaux standards de santé et de sécurité. — Photo : Airbus SAS / P. Masclet

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