Occitanie

Conjoncture

Conjoncture : l'optimisme prudent du Medef Occitanie

Par Paul Falzon, le 06 septembre 2019

Avec une croissance de l'activité de l'ordre de 2% en 2018, la région maintient un dynamisme économique supérieur à la moyenne nationale. Seule ombre au tableau, l'instabilité politique internationale, à commencer par le Brexit.

Une majorité d’étudiant quittent la région, comme ce peut être le cas pour les ingénieurs diplômés de l’Istams, qui intègrent de grands groupes tels Airbus.
Moteur de l'économie occitane, l'aéronautique est aussi l'un des secteurs d'activité les plus concernés par le risque d'un Brexit dur. Les entreprises se sont adaptés avec des stocks gonflés d'un mois pour anticiper les difficultés aux douanes. — Photo : Airbus

C’est devenu le rendez-vous annuel de rentrée du Medef Occitanie : la parution du « Top Économique » établi par l’organisation patronale est l’occasion d’un point de conjoncture. Tous les indicateurs sont au vert, à commencer par la progression de l’ordre de 2 % des chiffres d’affaires des entreprises de la région, qui devrait se confirmer en 2019. Le chômage poursuit sa baisse (-1,6 points en 3 ans) même si, à 10,3 % de la population active, il reste l’un des plus forts de la France métropolitaine.

Les chefs d’entreprise confiants

Parmi les secteurs les plus dynamiques, « le secteur aéronautique et spatial est toujours en première ligne », a relevé le président du Medef 31 Pierre-Marie Hanquiez. La croissance de l’industrie métallurgique atteint 1,8 % selon les dernières données fournies par l’UIMM, et le solde commercial reste largement bénéficiaire (15 Md€) malgré le tassement des livraisons d’avion. Le dynamisme du secteur aérospatial profite également à l’ingénierie, dont le rythme de croissance annuelle (3 %) devrait se maintenir jusqu’à 2021, selon les estimations de la fédération Syntec. Parmi les autres secteurs économiques, le BTP (+2,5 %) reste également dynamique.

Une enquête d’opinion réalisée par le Medef Occitanie vient confirmer ces bons chiffres. Réalisée auprès de 150 chefs d’entreprise de la région, elle met en évidence la bonne tenue de l’activité : pour 61 % des dirigeants, le premier semestre 2019 a vu une progression de l’activité de « bonne » à « excellente ». Durant cette période, 30 % des entreprises ont accru leurs investissements et 43 % l’ont stabilisé, et 70 % ont recruté. Six dirigeants sur dix anticipent une fin d’année 2019 meilleure que l’exercice 2018, deux sur trois prévoyant de nouvelles embauches au second semestre.

« Avis de tempête »

Cet optimisme n’empêche pas le président du Medef 31 de s’alarmer d’un « avis de tempête » sur l’économie internationale. Crise italienne, croissance allemande en berne, tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine et surtout Brexit : Pierre-Marie Hanquiez s’inquiète des conséquences d’un contexte international « extrêmement mouvant » sur l’économie régionale. La perspective d’une sortie sans accord du Royaume-Uni de l’Union européenne a déjà poussé les entreprises à accroître leurs stocks d’un mois. « Nous sommes tous préparés », a résumé le président de l’UIMM Midi-Pyrénées Occitanie Bruno Bergoend, en reconnaissant « une part d’inconnu sur les capacités à faire passer les frontières aux marchandises » en cas de Brexit dur.

Une majorité d’étudiant quittent la région, comme ce peut être le cas pour les ingénieurs diplômés de l’Istams, qui intègrent de grands groupes tels Airbus.
Moteur de l'économie occitane, l'aéronautique est aussi l'un des secteurs d'activité les plus concernés par le risque d'un Brexit dur. Les entreprises se sont adaptés avec des stocks gonflés d'un mois pour anticiper les difficultés aux douanes. — Photo : Airbus

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