Toulouse

Aéronautique

Comment la start-up Safetyn a intégré le BizLab

Par Fleur Olagnier, le 31 janvier 2018

Plus de 2000 start-up ont pris contact avec l’accélérateur d’Airbus pour faire partie de sa 3e saison. Des centaines de dossiers ont été montés et 30 start-up ont pitché le 5 septembre devant des représentants du géant aéronautique. Mais seulement six ont été retenues pour bénéficier de l’accompagnement du BizLab de Blagnac en 2018… Parmi elles, se trouve Safetyn.

Photo : Safetyn

Créée fin 2016 dans le Genevois français avec un capital de départ de 10 000€ pour 20 actionnaires, la start-up Safetyn développe des systèmes de préservation de vie et des solutions d'assistance intelligente pour les pilotes dans l'aviation légère (ULM, hélicoptères, planeurs). Fin 2017, la jeune pousse est parvenue à intégrer le BizLab, l'accélérateur d'Airbus.

« La phase la plus difficile a sans doute été le ‘grand oral’ où nous devions résumer en moins de 10 minutes l’essentiel de nos travaux à une quinzaine d’experts venant de toutes les entités d’Airbus, souligne Arnaud Violland, directeur général de Safetyn. Mais nous avons réussi ! Depuis le mois d’octobre, au sein du BizLab, quinze projets internes à Airbus côtoient six projets externes dont le nôtre : avoir ces ingénieurs tout proche est vraiment stimulant ».

Sélectionnée par le BizLab pour son innovation

Safetyn a été sélectionnée par l’accélérateur d’Airbus pour son idée innovante : créer une « box » portative et ergonomique destinée à rendre les pilotes plus lucides plus longtemps, et ainsi réduire le risque d’accidents en vol. Rempli de capteurs non-invasifs, l’objet doit apporter à son utilisateur - principalement des particuliers titulaires d’un brevet de pilote et volant seuls – des informations à la fois biométriques et sur le cockpit. En cas de risque d’endormissement, d’hypoxie (manque d’oxygène) ou de surdité inattentionnelle, des alertes type flashs visuels ou vibrations doivent être générées par la box, limitant ainsi le facteur humain dans le risque d’accident. « Notre création est encore au stade de prototype et l’objectif au sein du BizLab est d’accélérer son développement afin de présenter une version quasi-définitive au Bourget en juin 2019, pour une commercialisation au mois de septembre suivant », planifie Arnaud Violland.

Et pour mener à bien son évolution, Safetyn a su s’entourer. En plus du BizLab, la start-up fait partie de l’incubateur français du CERN à Genève. Elle a notamment signé un contrat de transfert technologique et jouit désormais d’un procédé informatique développé par le CERN.

Trois accompagnements

Par ailleurs, Safetyn appartient, depuis janvier 2017, à la première génération de 12 start-up du Village by CA de Lyon. « Nous avons été surpris d’être acceptés car les entreprises du Village by CA sont généralement très orientées numérique, tandis que nous avons une part plus industrielle, confie Arnaud Violland. À terme, notre voulons devenir un véritable équipementier dans la sécurité embarquée ». Le Village by CA apporte à Safetyn une compréhension marketing, juridique et financière, et lui a permis de partir au CES de Las Vegas début janvier.

Forte de cinq collaborateurs et du soutien de trois structures d’accompagnement, Safetyn ne cache pas son ambition : réaliser 20 M€ de chiffre d’affaires annuel d’ici 2022. En attendant, la start-up prépare une levée de fonds d’un million d’euros pour le mois de mars. Si tout se passe comme prévu, Safetyn devrait compter 20 collaborateurs fin 2018, 10 à Toulouse et 10 répartis entre Lyon et le Genevois français.

Photo : Safetyn