Casino Théâtre Barrière : Comment il déjoue la crise

Par Aline Gandy, le 04 septembre 2009

Ouvert en octobre2007, le casino municipal de Toulouse est à ce jour le plus grand et le plus fréquenté des établissements Barrière. Difficile toutefois pour le groupe d'évaluer la durée du retour sur investissement, la crise ayant totalement bouleversé les comportements de loisirs...
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

Ceux qui craignaient de voir surgir à Toulouse un mini Las Vegas ont dû pousser un ouf! de soulagement. Le Casino Théâtre Barrière qui a ouvert ses portes le 13octobre 2007 n'a pas versé dans la démesure qui, dans l'imaginaire collectif, caractérise l'univers du jeu. Son directeur, David Parré, n'a rien du Parrain de Coppola, sans compter que l'île du Ramier ne peut raisonnablement être comparée au désert du Nevada... Pourtant, la recette fonctionne: son million de visiteurs annuel fait de l'établissement toulousain le plus fréquenté des 35 casinos français que possède le groupe Lucien Barrière Hôtels et Casinos. Sans doute parce qu'il a été conçu comme un complexe de loisirs plutôt qu'un temple du jeu, analyse David Parré: «Toulouse a plus une culture de la fête que du jeu à proprement dit. Il fallait donc lui offrir un équipement qui réponde à cet état d'esprit.» Dix-sept mois de travaux ont suffi à sa construction sur l'île du Ramier que la municipalité souhaite dédier entièrement aux loisirs des Toulousains.




Un casino nouvelle génération

Conçu par de grands noms de l'architecture et de la décoration, il se veut une vitrine du savoir-faire du premier casinotier français (40% du volume d'affaires de l'ensemble de la profession). Sur 5ha de terrain, un bâtiment de 14.300m² abrite trois restaurants, autant de bars, un théâtre de 1.200 places modulable en dîner spectacle de 500 couverts, des espaces privatisables pour les événements d'entreprises, 250 machines à sous et 14 tables de jeux. «Cette diversité d'activités caractérise une nouvelle génération de casinos en laquelle nous croyons beaucoup», résume le directeur. Avec des investissements en conséquence- 80M€ pour que ce projet voie le jour- et sur lesquels le retour ne doit pas trop se faire attendre. «À Toulouse, le bâtiment deviendra propriété de la mairie en 2024. D'ici là, nous lui versons chaque année une commission sur le produit brut des jeux (environ 10M€, ndlr).» Une donnée parfaitement intégrée par le groupe qui a l'habitude de fonctionner en délégation de service public. Seulement, la crise a pour ainsi dire faussé la donne. «Lorsque nous avons bâti notre business plan en 2004-2005, nous étions loin de penser qu'un tel bouleversement pouvait intervenir dans le monde du loisir et du jeu.» En France comme partout dans le monde, les casinos annoncent des résultats en baisse- jusqu'à 40% parfois-, conséquence directe de la baisse du pouvoir d'achat. David Parré espère quant à lui «clôturer cet exercice (au 31octobre, ndlr) avec un chiffre d'affaires de 42M€, en hausse de 13 ou 14% par rapport à N-1 mais tout de même inférieur aux 46M€ sur lesquels nous avions tablé en début d'année. Sans parler des 70M€ que nous prévoyions de réaliser en 2009 dans notre business plan initial.»




Une diversification salutaire

Un moindre mal comparé, par exemple, au Casino Barrière de Bordeaux qui affiche - 18%. «Nos activités restauration et spectacles s'en sortent heureusement mieux que le jeu (1/3 du CA, ndlr)», précise David Parré, pour qui la crise corrobore la nécessité de se diversifier mais pas n'importe comment. «Le jeu, la restauration et le divertissement restent des offres complémentaires et chacune d'entre elles a été structurée pour attirer un public le plus large possible. Nous avons délibérément opté pour trois bars et trois restaurants au positionnement différent, sans confusion possible pour les clients. La programmation en spectacles se veut elle aussi suffisamment hétéroclite pour plaire au plus grand nombre. Elle sera d'ailleurs enrichie la saison prochaine.» Autres perspectives, la multiplication des tournois de poker et l'arrivée de nouvelles machines à sous à un et deux centimes d'euros. Et, malgré la crise, pas question pour David Parré de baisser la garde face à l'addiction au jeu. «Nous prônons le jeu responsable. Cela se traduit, entre autres, par une collaboration, depuis l'ouverture, avec deux psychiatres de Purpan pour mieux détecter l'abus de jeu.» Ces garde-fous mis en place, le Casino Théâtre Barrière entend bien continuer de «répondre au besoin d'évasion que les gens continuent d'exprimer mais avec des budgets plus restreints auxquels nous devons nous adapter.»

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