Énergie

Wallbox choisit Nice pour conquérir le marché français des recharges pour véhicules électriques

Par Olivia Oreggia, le 16 décembre 2021

Dans son usine située près Barcelone, le groupe espagnol Wallbox conçoit, fabrique puis distribue des solutions de recharge pour les véhicules électriques. Avec neuf bureaux dans le monde, il n’était pas présent en France. C’est désormais chose faite avec une implantation à Nice où reposent de fortes ambitions pour le marché français.

L’équipe niçoise de Wallbox, aux côtés du directeur régional Europe du Sud du groupe, Morad Ouchene (à droite).
L’équipe niçoise de Wallbox, aux côtés du directeur régional Europe du Sud du groupe, Morad Ouchene (à droite). — Photo : DR

Encore méconnue du grand public en France, l’entreprise espagnole Wallbox, cotée à la Bourse de New York, conçoit, fabrique et distribue des solutions de recharge pour véhicules électriques. Elle emploie près de 1 100 salariés répartis dans neuf bureaux par le monde et compte des clients dans près de 80 pays. La voici désormais implantée à Nice où elle vient tout juste d’inaugurer ses locaux, au cœur du Grand Arénas.
"Nice est pour nous la porte d’entrée sur le marché français", explique Morad Ouchene, directeur régional du groupe, chargé du sud de l’Europe. "Nos bureaux sont littéralement à deux pas de l’aéroport qui nous place à à peine plus d’une heure de notre siège à Barcelone. S’installer ici est un facteur très fort d’attractivité. Les futurs talents, surtout depuis la pandémie, veulent une bonne qualité de vie, ce que Paris n’offre pas. Il s’agit pour nous de s’inscrire sur le long terme." Aujourd’hui composé de six personnes, l’effectif niçois sera augmenté de 18 à 20 salariés supplémentaires en 2022, avec des profils essentiellement commerciaux et marketing.

300 % de croissance annuelle

Créé en 2015 par Enric Asuncion et Eduard Castaneda, Wallbox a levé 33 millions d’euros début 2021. L'entreprise ne communique pas son chiffre d'affaires mais affiche fièrement une croissance annuelle de 300 %. "Ce qui nous a fait grossir a été le lancement du chargeur bidirectionnel qui permet à la fois de recharger la voiture et de la décharger pour alimenter un bâtiment", reprend Morad Ouchene. "Un jour, et cela a déjà commencé, il y a aura un vrai problème d’approvisionnement d’électricité. Or, un véhicule est immobile en moyenne 15 heures par jour. On charge donc en période creuse et on alimente ensuite la maison ou on revend l’électricité. Le chargeur est le cerveau. La voiture est une partie du corps."

Wallbox développe différentes solutions innovantes de recharge pour véhicules électriques, permettant même d’alimenter un bâtiment.
Wallbox développe différentes solutions innovantes de recharge pour véhicules électriques, permettant même d’alimenter un bâtiment. - Photo : DR

Charger sa voiture en 15 minutes maximum

Wallbox transforme ainsi les véhicules électriques en sources d’énergie. Mais son innovation va plus loin, simplifiant l’utilisation de l’électricité, se concentrant sur la désormais sacro-sainte "expérience utilisateur", souvent négligée en la matière. "Il y a un mois, nous avons lancé notre modèle HyperNova qui permet de charger sa voiture en moins de quinze minutes. Nous avons aussi lancé le logiciel Ecosmart qui permet la communication entre des panneaux solaires et le véhicule électrique, soit un concept 100 % green."
Prendre position sur le marché français s’annonce complexe. "Nous sommes clairement en retard. Tant sur le plan de la législation que des mentalités. Il nous faudra nous battre avec nos armes : la qualité, l’humain, l’accompagnement. Ce sera long mais nous avons une vision à long terme. Je crois au bouche-à-oreille", assure le dirigeant. "Nous ne voulons pas être le numéro un mais nous voulons être les meilleurs."

Wallbox vise les 10 à 15 % de parts de marché en France à l’horizon 2022-2023. À ce jour, près de 70 % de sa clientèle est composée de copropriétés ou maisons individuelles. L’objectif est d’inverser la tendance pour séduire majoritairement les entreprises.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition