Marseille

Sport

Vista lance le premier ballon de football responsable

Par Hélène Lascols, le 12 avril 2022

En cette année 2022 de mondial de football, Vista a décidé de révolutionner l’univers du ballon rond en proposant les premiers ballons "responsables". Solidaire, issu de l’économie circulaire et réparable, le ballon marseillais fait figure de pionnier et avait réussi, en 24 heures, sa campagne de prévente.

Jean-Baptiste De Tourris (à droite), cofondateur de Vista Ballon et Hourik, salarié de l’atelier d’insertion La Ficelle, en charge de fermer les ballons.
Jean-Baptiste De Tourris (à droite), cofondateur de Vista Ballon et Hourik, salarié de l’atelier d’insertion La Ficelle, en charge de fermer les ballons. — Photo : Hélène Lascols

Dressant le constat que les 60 millions de ballons de football fabriqués chaque année dans le monde sont exclusivement en plastique et génèrent 27 000 tonnes de déchets par an, Jean-Baptiste de Tourris et Agathe Delouvrier ont décidé de créer le premier ballon responsable. Leur aventure, baptisée Vista (ex Ballons & Co) et commencée en juillet 2020, vient de franchir une étape importante avec le lancement d’une campagne de prévente, qui a rempli 100 % de ses objectifs en 24 heures, avec 100 premiers ballons commandés.

"Nous avons validé la viabilité de notre projet et espérons maintenant réaliser 500 % de notre objectif, voire davantage si cela est possible", confie le chef d’entreprise et d’ajouter : "Nous voulons vendre un maximum de ballons sur la plateforme Ulule pour gagner en notoriété et dimensionner au mieux les recrutements avant de proposer nos produits sur notre boutique en ligne avec un double enjeu : réussir les fêtes de Noël et le mondial de foot auprès d’une cible prioritaire, les familles, sachant que 25 % des ménages français achèteront un ballon cette année."

En franchissant, sur Ulule, un nouveau pallier à 200 % de l’objectif initial, les deux associés ont promis une nouvelle gamme pour la Coupe du monde au Qatar. Ils sont désormais à plus de 300 % et prennent l’engagement de développer d’autres formats pour le volley ou le rugby pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 s’ils franchissent les 400 % de l’objectif.

Une fabrication solidaire

Pour mettre au point ce ballon responsable, il a fallu toute la persévérance des deux dirigeants, résolus à vouloir bâtir une alternative aux ballons existants, qui sont "100 % pétrosourcés, non recyclables, non réparables." De fil en aiguille, ils affinent leur connaissance du ballon rond : d’un poids de 450 grammes, il est composé de 5 à 8 plastiques différents et respecte un certain nombre de contraintes physiques (pression intérieure et extérieure, imperméabilité, résistance au soleil, fermeture invisible) et la dernière usine française, installée près de Strasbourg, a fermé ses portes dans les années 80. "Aujourd’hui, le savoir-faire est perdu, il est exclusivement asiatique et bien souvent rémunéré en dessous des salaires vitaux", confie l’entrepreneur.

Vista propose une gamme de ballons rétro et une gamme de ballons "animaux" en trois tailles, vendus entre 30 et 50 euros.
Vista propose une gamme de ballons rétro et une gamme de ballons "animaux" en trois tailles, vendus entre 30 et 50 euros. - Photo : Hélène Lascols

Alors que 2022 est une année de coupe du monde et que 7 à 8 millions de ballons seront vendus en France, sans générer aucun emploi localement, "nous nous sommes dits que ça n’allait pas dans le sens de l’histoire", expliquent les deux associés qui ont choisi de créer Vista, une entreprise de l’économie sociale et solidaire et de s’installer au sein du village marseillais de l’Épopée.

C’est leur rencontre avec une ONG kenyane, qui a rendu possible leur alternative. "Quinze ans plus tôt, Alive & Kicking a dressé le même constat que nous et créé la première ONG au monde dédiée à la fabrication des panneaux composant un ballon. Ces panneaux sont fabriqués, pour 50 % à partir de revêtements de sièges d’avions ou de voitures, partis à la casse. Elle emploie aujourd’hui 100 salariés qui produisent 100 000 ballons par an", explique Jean-Baptiste De Tourris. Ce dernier ayant choisi la technique de fabrication "cousu main", qui offre le plus de résistance, il a confié à l’ONG la fabrication d’une partie des ballons Vista. Ils sont ensuite expédiés en France, à Marseille, où un employé de l’atelier d’insertion La Ficelle (7 salariés spécialisés en sellerie marine) ferme le ballon, salarié qui a vocation à être embauché par Vista. Pour produire 4 à 5 000 ballons par an, l’entreprise devrait avoir besoin de trois à quatre personnes en production.

Solidaire, le ballon Vista a en plus une empreinte carbone réduite, "de l’ordre de 3,2 kg d’équivalent CO2, contre 7 kg pour un ballon classique. Il est en plus réparable, ce qui nous permet d’envisager une offre de location pour les établissements scolaires. Enfin, Decathlon l’a testé et validé sur des tests de fédérations internationales", complète l’entrepreneur.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition