Sophia Antipolis

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Virteem et son metavers accélèrent en France et bientôt à l’étranger

Par Olivia Oreggia, le 22 septembre 2022

Levée de fonds, ambitions internationales, acquisition d’une entreprise à Angers… Virteem accélère. En dix ans, l’ex-groupe VIP 360 qui proposait des visites virtuelles, fournit ses metavers à plus de 3 500 clients.

Kevin Soler (debout en blanc), a fondé Virteem il y a dix ans et vient d’acquérir Virtualyz, à Angers, ici avec ses salariés.
Kevin Soler (debout en blanc), a fondé Virteem il y a dix ans et vient d’acquérir Virtualyz, à Angers, ici avec ses salariés. — Photo : Virteem

Virteem développe des environnements immersifs : visites ou salons virtuels. L’entreprise basée à Sophia Antipolis coche toutes les cases de la scale-up : une hypercroissance dopée par le Covid, un chiffre d’affaires de "plusieurs millions d’euros" (son dirigeant fondateur Kevin Soler ne souhaite pas en dire plus), un effectif en augmentation (19 personnes au siège, une soixantaine dans l’ensemble du groupe et une quinzaine de recrutements d’ici début 2023), un changement d’échelle avec des visées internationales. Et c’est justement pour financer ses ambitions au-delà des frontières qu’elle vient de lancer une première levée de fonds, espérant boucler d’ici la fin de l’année un tour de table de 5 millions d’euros. "Nous voulons multiplier par dix notre chiffre d’affaires d’ici 2025, souligne son dirigeant. Cela passe par l’international où nous avons peu de concurrents, alors que le marché français est lent."

Des applications RH à l’industrie ou tourisme

Née il y a dix ans, Virteem, qui s’appelait alors VIP Groupe 360, proposait des visites virtuelles basées sur des photos. Son premier client fut l’hôtel Best Western de Sainte Maxime dans le Var. Aujourd’hui, l’entreprise compte 3 500 clients. Elle s’est structurée autour de quatre grandes verticales, avec des équipes commerciales strictement dédiées à chacune : les ressources humaines (pour la grande majorité de son activité), l’industrie, l’éducation et le tourisme. Le back-office est géré par les clients en toute autonomie. Ainsi met elle à disposition des plateformes d’onboarding (accueil et à l’intégration de nouveaux salariés) et des solutions d’entretiens ou de formation virtuelles pour la Caisse d’Épargne, le CIC ou Axa ; des visites virtuelles pour Schneider Electric, Ragni, Novartis ou Safran ; des journées portes ouvertes virtuelles pour les universités parisiennes ou azuréenne, ou Kedge Business School, ou encore pour des hôtels ou des collectivités qui souhaitent renforcer leur attractivité. L’éventail d’applications semble infini. "Ce que l’on crée doit être dédié à un usage, pas à du buzz. Il est question de retour sur investissement, non pas d’une simple visite virtuelle, souligne Kevin Soler. Nous avons toujours fait du metavers sauf que le mot n’existait pas." Ce metavers version Virteem, le jeune dirigeant le définit comme "light" avec le parti pris de ne pas incorporer de blockchain. "Nous ne sommes pas liés à des metavers lourds comme peuvent l’être Sandbox ou Roblox. Je pense que les metavers "light", accessibles, sans NFT, cryptomonnaie ou temps réel, sont l’avenir des trois à cinq prochaines années. Il ne faut pas en avoir peur."

De la 3D pour des clients prêts à aller plus loin

Pour aller plus loin dans son offre, Virteem vient de faire l’acquisition de Virtualyz, studio spécialisé dans la réalité virtuelle, les solutions 360° et la modélisation 3D, basé à Angers. "C’est un prolongement de ce que nous faisions. Pour des clients prêts à aller plus loin nous pourrons proposer des systèmes encore plus immersifs dès lors qu’il y a besoin d’une action manuelle. Il y a une demande dans le domaine de la QSE (qualité, sécurité, environnement, NDLR) et la prévention des risques. Avec un casque de réalité virtuelle par exemple, on pourra ainsi montrer et entraîner au respect de consignes de sécurité. Vérifier qu’une nacelle est bien fermée par exemple. Une école nous a aussi contactés pour s’entraîner à la taille de rosiers pour ses élèves. Plus facile en virtuel quand, en réel, la matière première est plus chère et plus difficile à trouver, et sans risque de se blesser." Kevin Soler a de belles ambitions pour Virtualyz (4 salariés, CA : NC) qui devrait déjà, selon lui, doubler son chiffre d’affaires d’ici la fin de l’année.

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