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Spatial

Thales Alenia Space : La conquête de la stratosphère est lancée

Par Gaëlle Cloarec, le 26 avril 2016

Porté par le constructeur de satellites cannois Thales Alenia Space, le programme Stratobus a été lancé officiellement le 26 avril par Thierry Mandon, Secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Il est doté d'un premier budget de 17 millions d'euros et vise à mettre au point un dirigeable stratosphérique autonome.

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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

« Le premier qui y sera aura un avantage décisif sur la concurrence ». D’emblée, Jean-Philippe Chessel, chef du projet Stratobus chez Thales Alenia Space (TAS), donne le ton. La conquête de la stratosphère est lancée. Plus précisément, celle de la couche basse, à 20 km au-dessus de la terre, là où les vents sont modérés et la densité de l’air suffisante pour porter un dirigeable. Car c’est avec un ballon que le constructeur de satellites cannois entend faire la course en tête.

Mi-drone, mi-satellite

Lancé officiellement à Cannes le 26 avril, en présence de Thierry Mandon, Secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le programme Stratobus, premier projet du "Plan Industriel Dirigeables", vise à mettre au point un dirigeable stratosphérique autonome. Placé à une altitude de 20 km donc, il réalisera des missions géostationnaires d’observation de la Terre, de surveillance des frontières ou encore de télécommunications. « Ce projet, à mi-chemin entre le drone et le satellite, est le complément idéal d’une solution satellitaire puisque, contrairement aux satellites, il permet une couverture permanente d’une zone donnée », explique Jean-Philippe Chessel.

Chef de fil du projet, TAS a en charge la réalisation du système, de l’avionique, des générateurs solaires et de la certification de l’aéronef. Il est épaulé par six partenaires : le groupe CNIM pour la structure équipée, l’anneau et la nacelle, Solutions F pour la propulsion électrique, Airstar Aerospace pour l’enveloppe équipée et Tronico Alcem pour le conditionnement de l’énergie à bord. Le Norvégien Prototec (stockage de l’énergie) et le Canadien MMIST (parachute de sauvegarde) complètent le consortium.

Un démonstrateur dès 2018

« On estime le "time to market" à 2020 », reprend Jean-Philippe Chessel. D’où un calendrier ultra serré. Le premier démonstrateur à taille réduite est programmé pour 2018. Un budget de 17 millions d'euros, issu des Investissements d’Avenir, financera cette première phase de 24 mois. Le vol de qualification et de certification est, lui, prévu pour 2020. « De nombreux prospects ont d’ores et déjà été identifiés et le retour sur investissement sera réalisé en moins de trois ans à compter de sa commercialisation », assure-t-il. Le marché des HAPS (pour High Altitude Pseudo Satellite ou Pseudo-Satellite à Haute Altitude), qu’il s’agit de construire, est évalué à 1 milliard de dollars.

TAS emploie 7500 personnes dans le monde dont 2.000 à Cannes, et a dégagé un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros en 2015.

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