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Informatique

Interview Teach on Mars : « Nous allons pérenniser un modèle hybride de télétravail et présentiel »

Entretien avec Vincent Desnot, cofondateur et dirigeant de Teach on Mars

Propos recueillis par Olivia Oreggia - 02 décembre 2020

Vincent Desnot dirige Teach on Mars qu’il a cofondé en 2013 et qui compte 80 collaborateurs, dont 55 dans des locaux à Sophia Antipolis. La société éditrice de logiciels, pionnière et leader du mobile learning en Europe, a mûri une nouvelle organisation de travail née des deux confinements, à savoir une hybridation entre télétravail et présentiel, qu’elle pérennisera dès 2021.

Vincent Desnot, dirigeant de Teach on Mars
Vincent Desnot dirige Teach on Mars, qu'il a cofondé en 2013 à Sophia Antipolis. — Photo : Olivia Oreggia / Le JDE

En ce début décembre, quelle est l’activité au sein de Teach on Mars ?

Vincent Desnot : L’année ne s’est pas trop mal passée. Il y a eu deux phases distinctes. Nous avions tout fermé et étions à 100 % en télétravail lors du premier confinement. Nous avons dû nous digitaliser totalement pour répondre à nos clients qui, pour 80 % d’entre eux, sont de grands comptes (Vinci, Axa, LVMH, L’Oréal, Clarins, Orange… NDLR). Il y a eu plus d'activité que prévu. Le Covid a joué en cela un rôle d’accélérateur. Ce fut différent auprès des prospects, qui ont temporairement tout gelé. Les décisions ont été décalées mais les projets sont depuis repartis car les besoins eux, n’ont pas disparu, au contraire. Pour ce deuxième confinement, nous avons renforcé notre management à distance. Nous avons recruté huit personnes en septembre. 80 % des collaborateurs sont encore en télétravail, mais nous n’avons pas fermé nos locaux cette fois. Ceux qui en ont besoin peuvent venir de temps en temps. On sent ces trois dernières semaines, une certaine lassitude, un point d’inflexion.

Souhaitez-vous voir perdurer cet équilibre entre temps au bureau et télétravail ?

Avant le Covid, la norme au sein de Teach on Mars était d’un jour de télétravail par semaine pour ceux qui le souhaitaient. En 2021, nous allons pérenniser l’hybridation née pendant ce deuxième confinement. Nous laisserons désormais le choix en fonction de l’envie, des besoins qui ne sont pas les mêmes selon que l’on est commercial ou développeur informatique, en fonction aussi des moyens, si on est bien installé chez soi, si on peut travailler au calme ou si les enfants courent au milieu. Selon, aussi, la psychologie de chacun. Même si nous sommes dans un univers ultra-digitalisé, certains ont plus de mal à travailler seuls. Chaque cas est différent. Nous essayerons d’encourager l’équivalent de deux jours par semaine en présentiel et laisserons les choses se décider « à la carte ».

Avez-vous constaté un impact du télétravail sur la performance des salariés ?

Le travail à distance n’a pas joué sur la performance individuelle mais davantage sur la performance collective, notamment sur la résolution de problèmes que l’on règle habituellement dans le couloir ou à la machine à café. C’est plus difficile sur Zoom (logiciel de visioconférence, NDLR). Mais clairement, personne ne rêve de revenir à 100 % comme avant. Sur nos 80 collaborateurs, nous en avons 55 à Sophia Antipolis, une quinzaine dans nos bureaux à Paris et le reste entre Milan et Londres. Il faut être prêts à gérer des gens un peu partout, d'autant plus que nous prévoyons de nous agrandir encore. Cette hybridation du travail nous permettra si nécessaire de passer d'un mode "normal" à un mode "crise".

Quel est l’impact du télétravail sur la culture d’entreprise ?

Il y a un impact c’est vrai. Nous avons une culture d’entreprise très forte, que je vis particulièrement en tant que cofondateur et dirigeant. Nous avions ainsi décidé de ne pas formaliser nos valeurs, de ne pas les écrire noir sur blanc comme cela se fait parfois. Nous n’en avions pas besoin car, jusqu’à présent, nous les partagions à travers une myriade d’événements : summer camp, séminaires à la montagne ou afterworks. On aime se voir, rigoler, mais là, avec le Covid, il y a une remise en question. Il va falloir conserver ce qui est important humainement, en présentiel, mais sans doute modifier la façon dont on transmet cette culture d’entreprise.

Vous avez emménagé dans de grands locaux de plus de 1 100 mètres carrés il y a un an à peine. Ne risquent-ils pas de devenir trop grands à présent ?

Nous avons loué un de nos cinq bâtiments à trois sociétés : OptionWay qui était déjà avec nous, Glim et EngIT. C’est super, nous avons retrouvé un peu l’ambiance d’un incubateur ! Nous y pensions déjà avant, le Covid l’a matérialisé, mais nous nous arrêterons là.

Quels sont vos projets pour 2021 ?

Nous comptons à nouveau recruter, nous développer. Décembre sera un très bon mois avec de belles signatures de clients. Nous avons quelques gros projets pour l’année à venir dont je ne peux encore rien dévoiler mais on sent auprès que la confiance est repartie.

Vincent Desnot, dirigeant de Teach on Mars
Vincent Desnot dirige Teach on Mars, qu'il a cofondé en 2013 à Sophia Antipolis. — Photo : Olivia Oreggia / Le JDE

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