Région Sud

Chimie

Sophim va tripler ses capacités de production

Par Didier Gazanhes, le 27 juin 2019

La société Sophim, basée dans les Alpes-de-Haute-Provence, vient de lever 3,5 millions d’euros afin d’accroître la capacité de production de sa filiale espagnole. Pour cela, l’entreprise, positionnée sur le marché de la cosmétique, va investir 10 millions d’euros sur les trois années à venir.

Les dirigeants de Sophim
Alexis Margnat, dirige Sophim avec son père, Jacques. — Photo : D.R.

Basée à Peyruis, dans les Alpes-de-Haute-Provence, la société Sophim est l’un des leaders de la production de squalène. Cette molécule peu connue est un des ingrédients naturels largement utilisés dans le monde de la cosmétique, notamment pour ses propriétés hydratantes. « L’entreprise a vu le jour à Grasse nous y sommes entrés tout d’abord comme financiers, avant de la reprendre et de choisir de nous installer à Peyruis où nous avons construit notre usine en 1996 », confie Jacques Margnat, qui, avec son fils Alexis, dirige aujourd’hui la PME forte d’une quarantaine de salariés. Sophim vient de lever 3,5 millions d'euros sous la forme d’une émission obligataire privée afin d’accompagner sa croissance et notamment d’accroître la capacité de sa filiale espagnole.

« L'enjeu, ce sont les volumes »

« Depuis une quinzaine d’années, le squalène est obtenu à partir de sous-produits venant du raffinage de diverses huiles, dont l’huile d’olive », rappelle Jacques Margnat. Afin d’optimiser sa production et sa logistique, Sophim a déjà investi voici quatre ans dans une usine, qui compte 20 salariés, à Alméria, en Espagne, à proximité des principaux producteurs d’huile d’olive. « Nous y réalisons une première concentration, tout près des raffineurs. Nous traitons en moyenne 8 000 tonnes de matière première dont nous tirons seulement 5 % de produits finis », explique-t-il. « Nous sommes sur un produit, le squalène bien connu du monde de la cosmétique depuis les années 1950. Tous les formulateurs le connaissent bien. L’enjeu aujourd’hui, ce sont les volumes. Les grands groupes qui sont nos clients veulent être rassurés sur la fiabilité de leur approvisionnement ». Aujourd’hui, Sophim a ainsi décidé de multiplier par trois la capacité de production de cette usine. Un programme lourd de près de 10 millions d’euros d’investissement que la PME va étaler sur trois ans. « Avec ce nouvel outil industriel, nous pourrons traiter d’autres matières premières que l’huile d’olive, comme notamment l’huile de tournesol ».

En 2018, la PME a enregistré un chiffre d’affaires de 20,5 M€ et, cette année, Jacques Margnat envisage de dépasser les 23 M€, réalisés pour 75 % sur les marchés internationaux (dont 40 % en Europe et 30 % en Asie et Amérique). « Nous investissons vraiment pour aller plus loin ».  Le squalène représente près de 60 % de l’activité de l’entreprise. « Nous réalisons également quelques produits, notamment de la cire à base d’huile d’olive. Mais le squalène peut avoir d’autres utilisations que la cosmétique. En Asie, il est notamment utilisé comme complément alimentaire. Il s’agit là d’un axe de développement qui peut être important et notre croissance en capacité nous permettra de faire face à la diversification ». Côté concurrence, Sophim est actuellement leader sur le marché du squalène. « Nous sommes en outre les seuls à disposer d’outils de production. Les autres font appel à des sous-traitants… », conclut Jacques Margnat.

Les dirigeants de Sophim
Alexis Margnat, dirige Sophim avec son père, Jacques. — Photo : D.R.

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