Alpes-Maritimes

Énergie

Solar Cloth System passe à l'industrialisation de ses tissus photovoltaïques

Par Olivia Oreggia, le 16 mars 2021

Devant le succès de l’opération, la levée de fonds en cours de Solar Cloth System sur Wiseed a été revue à la hausse de 700 000 à 900 000 euros. Ce financement doit permettre à l’entreprise fabricante de textiles photovoltaïques brevetés de passer en phase d’industrialisation et ainsi répondre à la demande croissante de ses clients.

Solar Cloth System veut passer d’une production de ses textiles photovoltaïques de 10 m2 à 100 m2 par jour.
Solar Cloth System veut passer d’une production de ses textiles photovoltaïques de 10 m2 à 100 m2 par jour. — Photo : Solar Cloth System

Solar Cloth System croule sous les demandes. Les tissus photovoltaïques ultralégers, flexibles et incassables que conçoit et fabrique la petite entreprise à Mandelieu, près de Cannes, sont une promesse de développement pour de nombreux secteurs. À l’image des transports routiers et avec un client de poids : Renault-Volvo Trucks. La technologie brevetée permet de recharger les batteries même lorsque les véhicules ne roulent pas.

Des serres agricoles aux drones

L’agriculture est aussi un secteur très prometteur. " Nous sommes sur un marché de niche gigantesque ", explique Alain Janet, cofondateur et PDG de Solar Cloth System. " Ne serait-ce que sur l’agriculture pour couvrir les millions d’hectares de serres plastiques sur la planète, appelées à se développer. Notre rapport poids/puissance nous distingue. Nous avons deux déploiements prévus au Maroc, à Agadir, et à Dubaï pour la régulation thermique des serres. La consommation électrique peut baisser de 20 à 30 %, ce qui est très intéressant dans les Pays du Golfe. "
Au-delà des serres agricoles, les applications du textile solaire sont nombreuses pour toute forme d’abri qu’il soit militaire, humanitaire, à visée événementielle ou touristique. Le groupe Huttopia travaille ainsi avec Solar Cloth System au développement de tentes autonomes dont l’électricité est produite par une toile photovoltaïque. Il y a aussi le nautisme. La start-up d’Alain Janet a notamment équipé le bateau de Jean Le Cam lors du dernier Vendée Globe. Pour autant, le secteur ne devrait pas représenter plus de 10 % de l’activité de l’entreprise d’ici deux à trois ans. Il y a encore les drones pour l’Armée de l’Air, l’aéronautique, les ballons dirigeables… Pour l’aéroport Nice Côte d’Azur, la petite entreprise (6 salariés) entre précisément dans l’objectif 0 % émission de carbone de la plateforme. Elle pourrait ainsi équiper les passerelles d’accès rétractables menant aux avions ou la verrière du terminal 2.

Produire 100 mètres carrés par jour

Mais pour pouvoir répondre à cette demande croissante, Solar Cloth System vit ses derniers instants dans ses habits de start-up pour entamer sa mue vers l’industrialisation. L’entreprise doit en effet augmenter sa capacité de production et passer de 10 m2 à 100 m2 par jour. Elle doit pouvoir s’étendre (ses locaux le lui permettent), investir dans du matériel et recruter. D’où cette levée de fonds qui doit s’achever fin mars sur Wiseed, plateforme à laquelle elle avait déjà fait appel en 2016. L’objectif initial de 700 000 euros a été porté à 900 000 euros devant le succès rencontré auprès des investisseurs. " Quand nous avons créé Solar Cloth en 2014, nous n’étions même pas sûrs qu’un produit verrait le jour ", rappelle Alain Janet. " Nous voulions voir jusqu’où on pouvait pousser l’intégration d’une couche photovoltaïque mince au textile. Nous avons au départ été accueillis avec un certain scepticisme, peu de gens y croyaient alors mais aujourd’hui, notre rôle d’expert dans le photovoltaïque est reconnu car on a su amener au marché un produit innovant avec des applications industrielles pertinentes. "
Après un chiffre d’affaires de 156 000 euros en 2020, l’entreprise vise le million d’euros en 2021. Alain Janet prévoit ensuite une " phase 3 ", à savoir la création d’une filière complète 100 % française de cellules photovoltaïques CIGS (cuivre indium gallium sélénium), aux côtés du CNRS et de l’IPVF, l’Institut Photovoltaïque d’Île-de-France sur le campus de Paris-Saclay.

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