SNCF : «La ligne LGV Paca, un dossier qui n'est pas simple»

Par Hervé Tusseau, le 07 janvier 2011

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

« La SNCF aujourd'hui ? C'est 50% de chiffre d'affaires hors rail ». A Marseille, son président a dressé le portrait d'une entreprise qui connaît une «incroyable» évolution. « Deux-tiers de la population mondiale habite aujourd'hui dans des grandes cités qui se transforment en gigamétropoles : trois-quarts de l'humanité y vivra bientôt ». L'offre de transport va donc se transformer en un « service de mobilité » global. « La SNCF fait déjà du Vélib, du camion, du bateau, de l'ingénierie et même beaucoup d'informatique et de logistique avec IBM ».




80.000 voyageurs par jour en Paca

Mais pour développer son activité - l'objectif est de passer de 30 à 37 mds € de CA d'ici à 2015 - la SNCF doit faire face à des contraintes d'exploitation de son réseau ferroviaire qui restent très fortes, notamment dans notre région. « On travaille avec une technologie du XIXe siècle qui est très rigide à faire fonctionner ». En Provence-Alpes-Côte d'Azur, un seul sillon côtier, pas d'itinéraire bis sur le littoral. « Cette région est celle où l'on a le plus de mal à absorber le trafic », rappelait Guillaume Pépy : 80.000 voyageurs par jours et 700 trains quotidiens. Quid du TGV ? Lorsqu'il a été construit, un maximum de 50 trains par jour était prévu pour circuler entre Paris et Marseille dans chaque sens. On en est à 270 aujourd'hui. « En limite absolue de capacité, la ligne connaît de gros problèmes de qualité et il va falloir progressivement tout remplacer, du ballast aux caténaires». Dans ce système « en butée », il faudrait pouvoir construire de nouvelles lignes pour faire face à une demande qui ne cesse de croître. La progression de croissance des seuls TER a été de 12% en 2009, puis de 5% cette année. Mais Guillaume Pepy n'est guère optimiste. Le plus gros projet régional, la LGV Côte d'Azur semble bien au point mort. « Il est absolument nécessaire d'unir de manière très forte le monde économique et politique pour pouvoir réaliser un tel projet qui pose un problème financier et environnemental considérable. La ligne Paris-Strasbourg a vu le jour parce que cette union a été sans faille pendant 20 ans. Ici ce n'est pas simple ». Et Guillaume Pepy de rappeler que le tracé des métropoles du sud (Marseille-Toulon-Nice) a été choisi par les élus après une tentative infructueuse en 1991 de poser les bases d'un projet commun.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail