Industrie

SMAC : Paré au décollage sur Mars et Mercure

Par Serge P, le 06 décembre 2013

SPATIAL. SMAC peaufine actuellement des suspensions protectrices sur mesure pour un voyage sur Mars et une mise en orbite autour de Mercure, et s'apprête à équiper la station spatiale internationale. Une belle reconnaissance internationale pour l'expert des élastomères innovants.
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Ce n'est pas dans l'aéronautique, où SMAC travaille avec les deux plus grands constructeurs mondiaux, Airbus et Boeing, mais dans le spatial que la PME varoise fait aujourd'hui parler d'elle. Expert international des élastomères innovants, la filiale du groupe Mont-Blanc Technologies, installée à La Garde, participe au projet Insight, 12e mission du projet Discovery de la NASA, développée en partie par le Centre national des études spatiales (Cnes). « C'est notre client, précise Philippe Robert, directeur général de SMAC. Le projet consiste à venir déposer une sonde sur Mars. La fenêtre de tir est fixée à avril 2016. » Déposé sur Mars fin 2016, le sismomètre, sensible à de très faibles niveaux vibratoires, sera capable de mesurer les mouvements de la croûte de la planète rouge pour en déduire la composition du noyau. SMAC aura pour mission de protéger ce dispositif extrêmement sensible qui comprend des éléments très fragiles. « On est spécialisé dans la proposition d'amortissements de chocs et de vibrations dans le spatial. En la matière, nous avons développé des matériaux innovants », précise Philippe Robert. L'entreprise conçoit ainsi une série de suspensions qui, intégrées à cet équipement, seront en mesure de protéger le sismomètre. Lequel sera mis à rude épreuve au cours du lancement et de l'atterrissage, assuré à l'aide de dispositifs pyrotechniques e pieds, etc.), sans compter la température de -110° observée sur Mars.Alors que l'utilisation d'élastomères dans le spatial commence tout juste à se populariser, les contrats affluent pour SMAC. La PME est ainsi également partie prenante du projet Exomars, une mission scientifique développée par l'Agence Spatiale Européenne (ESA), qui consistera à déposer un Landeur sur Mars aux alentours de 2016. Elle développe des suspensions pour découper certaines pyrovalves afin d'éviter que les chocs pyrotechniques des réacteurs ne détériorent les équipements emportés.Deux suspensions développées par SMAC doivent aussi être envoyées en orbite autour de Mercure au cours des prochains mois dans le cadre du programme BepiColombo. « On fait des essais en laboratoire sous étuves pour prouver que le voyage de 7 ans va dégrader nos pièces mais dans une limite définie à l'avance. »




« Le spatialune activité cyclique »

En partenariat avec l'ESA, SMAC vient également de démarrer une étude d'un an dont l'objectif est de sortir une ligne de produits capables d'absorber des chocs d'origine pyrotechnique pour protéger les équipements lanceurs et satellites. L'entreprise développera un catalogue de pièces qualifiées pour les différents industriels du spatial.La PME travaille enfin sur une suspension pour un consortium canadien, anglais et russe qui permettra d'installer une caméra sur la station orbitale ISS pour faire des prises de vue grand public de la Terre. « La suspension va maintenir suspendue la caméra afin de l'empêcher de vibrer. »Le chiffre d'affaires de l'activité spatiale, de 500.000 ? en 2012, représente désormais 20 % du chiffre d'affaires global de l'entreprise, qui atteindra 7 millions d'euros contre 5,7 millions d'euros l'an passé. « Nos 4 domaines d'activité, l'aéronautique (65 % du chiffre d'affaires), le spatial, la défense (13 %) et le racing (2 %), sont en progression. Cela valide notre stratégie », se réjouit Philippe Robert. Et de préciser que, malgré les succès dans le spatial, l'aéronautique reste le coeur de métier de SMAC. « Le spatial est une activité cyclique. Actuellement c'est une bonne période parce qu'un certain nombre de programmes ont été lancés, mais une fois qu'ils seront terminés... En revanche dans l'aéronautique, 50 à 60 % du chiffre d'affaires est assuré au 1er janvier : bien des sociétés aimeraient avoir cette certitude. »



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