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Télécoms

Interview Saphelec : "Avec l'entrée de Bpifrance et Sofipaca, nous allons pouvoir accélérer très fort"

Entretien avec Hervé Mangot, PDG de Saphelec

Propos recueillis par Olivia Oreggia - 22 avril 2021

Spécialiste des solutions et services télécoms pour le B to B basé à Sophia Antipolis depuis 1984, la PME Saphelec a ouvert son capital à Bpifrance et Sofipaca, société d’investissement des caisses régionales de Crédit Agricole Provence Côte d’Azur et Alpes Provence. Pour Hervé Mangot, son PDG, l’entreprise a désormais les ressources pour accélérer sa stratégie de croissance.

La PME azuréenne Saphelec, dirigée par Hervé Mangot, prévoit d'atteindre 30 millions d'euros de chiffre d'affaires et 200 collaborateurs d'ici 2025.
La PME azuréenne Saphelec, dirigée par Hervé Mangot, prévoit d'atteindre 30 millions d'euros de chiffre d'affaires et 200 collaborateurs d'ici 2025. — Photo : Saphelec

Pourquoi avoir choisi d'ouvrir le capital de Saphelec (CA 2020 : 15 M€, 120 collaborateurs) ?

Nous avons des projets de croissance externe, de rachat d'entreprises dans la distribution des offres télécoms, des installateurs privés et dans les technologies de l'information (IT). Nous sommes d'ailleurs en train de réaliser une acquisition à Paris. Nous étions déjà dans le radar de Bpifrance après avoir fait partie de son programme Accélérateur PME il y a quelques années. J'ai cédé 13 % du capital à Bpifrance et Sofipaca (société d’investissement des Caisses Régionales de Crédit Agricole Provence Côte d’Azur et Alpes Provence, NDLR), soit 6,5 % chacun. Nous sommes aussi aidés par LCL. Grâce à cette opération, nous pourrons dégainer plus vite en cas d’opportunités. J’ai 62 ans, j’aurais pu vendre et partir à la pêche mais je me donne cinq ans pendant lesquels on va accélérer très fort. L’objectif est de nous développer et de s’amuser. Nous avons déjà réalisé neuf opérations de croissance externe ces dernières années donc nous avons un peu cette habitude.

Ces neuf acquisitions ont-elles toutes été des réussites ?

Oui. Le cas le plus typique est celui d’une structure rachetée à Economcom, qui est un grand groupe européen qui réalise des milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ils pouvaient se demander où ils allaient tomber avec nous mais, aujourd’hui, ils sont plutôt contents. Notre mode de management laisse de la place à l’initiative. Évidemment, il faut d’abord bien expliquer ce que l’on fait et où l’on va. L’objectif est d’avoir un rythme de deux à trois acquisitions par an. Beaucoup de dossiers sont entre les mains des banques d’affaires parisiennes et nous échappent avant même qu’on puisse en avoir connaissance. Accueillir Bpifrance au capital devrait nous donner une certaine résonance et nous aider.

Comment Saphelec a-t-elle traversé la crise sanitaire à ce jour ?

Nous sortons d'une bonne année. Nous sommes sur un marché, celui des télécoms, qui est porteur, globalement en croissance. Nous avons enregistré un chiffre d'affaires stable, de plus de 15 millions d'euros. Notre rentabilité, elle, a été multipliée par deux, passant de 800 000 euros à 1,6 million d'euros. Nous avons mieux travaillé notamment parce que nous proposons beaucoup d'activités de services.

Vous êtes historiquement un opérateur de visioconférences. Cette activité a-t-elle été particulièrement portée par la crise sanitaire et le recours massif au télétravail ?

Nous n’en avons pas encore profité car la visio se fait encore aujourd’hui en mode PC, sur ordinateur, tablette ou smartphone, par Teams, Zoom ou autres. Nous, nous interconnectons des salles. Ce sera donc l’étape d’après. Il y aura une évolution vers un modèle hybride et c’est là que nous interviendrons. Teams ou Zoom n’auront plus le même intérêt quand les gens seront revenus sur un même lieu.

Tous les voyants semblent donc être au vert pour les années à venir ?

Nous avons forcément de belles perspectives, sur un marché globalement en croissance. La difficulté sera de ne pas nous disperser. Nous avons une activité d’infogérance (externalisation de tout ou partie de la gestion et de l’exploitation du système d’information à un prestataire informatique, NDLR). Avec les risques accrus de cyberattaques, nous sommes très sollicités. car les entreprises veulent s’adresser à des professionnels aguerris. Mais le plus gros de notre activité se fait sur les ventes de solutions SFR Business pour lesquelles nous essayons d’apporter une couche de services supplémentaire. Nous réparons, rachetons, revendons, recyclons par exemple des parcs entiers de téléphones. Pour un grand groupe, cela peut représenter des dizaines de milliers d’appareils. Le télétravail a rajouté de la complexité dans la gestion au quotidien pour ces structures.

Nous avons pris le parti de ne jamais fermer depuis le début de la crise sanitaire, même lorsque nous étions descendus à quelques collaborateurs. Nous avons vraiment pu sortir certains de nos clients de situations très compliquées. Ils nous en sont reconnaissants. Ainsi, avec un chiffre d’affaires quasi équivalent d’une année à l’autre, nous avons dû gagner 10 % de nouveaux clients, surtout des PME qui avaient besoin de proximité.

Quels sont les objectifs du plan "Saphelec 2025" ?

C’est un plan très ambitieux. L’objectif est de doubler le chiffre d’affaires pour atteindre les 30 millions d’euros. On doublera surtout grâce à de la croissance organique. Je pense qu’en terme d’effectifs, on ne pourra pas forcément multiplier par deux mais atteindre tout de même les 200 collaborateurs.

Et après 2025 ? Vous préparez votre succession ?

Oui, il le faut bien, c'est pourquoi nous faisons monter des collaborateurs au capital.

La PME azuréenne Saphelec, dirigée par Hervé Mangot, prévoit d'atteindre 30 millions d'euros de chiffre d'affaires et 200 collaborateurs d'ici 2025.
La PME azuréenne Saphelec, dirigée par Hervé Mangot, prévoit d'atteindre 30 millions d'euros de chiffre d'affaires et 200 collaborateurs d'ici 2025. — Photo : Saphelec

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