Rencontre : Aurore Sun : "Ici, on essaie de garder les gens par la peur"

Par Didier Gazanhes, le 05 avril 2016

Dirigeante de l'agence marseillaise Spark Relations Publics, présidente du comité de pilotage du réseau Femmes Cheffes d'Entreprises de Marseille, Aurore Sun revient sur trois points d'actualité qui ont fait la une du mois de mars, dont le prélèvement de l'impôt à la source ou encore la loi travail.
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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le prélèvement de l'impôt à la source 

« Le ministre des Finances, Michel Sapin, a confirmé que le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu, qui doit entrer en vigueur le 1e r janvier 2018, sera effectué "dans la très grande majorité des cas" par les employeurs. L'impôt à la source est une bonne chose. En France, nous sommes le dernier pays à ne pas l'avoir mis en pratique. J'ai vécu au Canada où le prélèvement est à la source. Cela crée un rapport différent aux impôts. En revanche, il n'est pas normal que ce soit le chef d'entreprise, déjà débordé, qui soit obligé de s'en occuper avec tout ce que cela entraîne en termes de formation, de communication auprès des salariés. Nous sommes déjà sur tous les fronts, comment voulez-vous que l'on gère cette nouvelle contrainte ? »




Loi sur le travail 
« Sans entrer dans le détail de la loi, je constate toutefois que les gens souhaitent que le monde change, mais ne sont pas prêts à changer. Au Canada, il n'existe que le CDI, mais il est plus facile de débaucher les salariés. Je me suis faite débaucher "à l'Américaine", mais dans ce contexte plus souple, j'ai retrouvé un emploi le mois suivant. Ici, on essaie de garder les gens par la peur. Même s'ils sont malheureux dans leur travail, les salariés restent à leur poste par peur de l'inconnu. Ca sclérose tout et nous sommes finalement dans une économie triste. On oppose toujours patrons et salariés. Dans les PME, tout le monde est dans le même bateau. Quand on embauche quelqu'un, qu'on le forme, c'est pour le garder. Les salariés doivent aussi contribuer au changement ».

La loi sur la pension alimentaire
« Afin de "sortir les familles monoparentales de la précarité", François Hollande a annoncé, début mars, la création d'une garantie contre les pensions alimentaires impayées. Une allocation de 100 euros par enfant sera garantie et ce sont les CAF qui poursuivront les ex-conjoints débiteurs. 40% payent en retard ou ne payent pas. Cela met l'autre personne dans la précarité. On prend les choses à l'envers. Cette solution déresponsabilise encore plus celui qui doit payer. Ce n'est pas à nos impôts de compenser l'irresponsabilité d'hommes et de femmes qui n'assument pas. Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône, avait proposé un prélèvement à la source qui me semble plus juste ».

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