Alpes-Maritimes

Biotech

Interview Quand Pronutri et le laboratoire académique LP2M font cause commune

Entretien avec Amalric Véret

Propos recueillis par Gaëlle Cloarec - 19 juin 2017

En se rapprochant du laboratoire LP2M, la PME carrossoise, spécialiste des compléments alimentaires, profite des travaux réalisés par le laboratoire académique niçois pour s'attaquer aux effets secondaires des traitements de chimiothérapie.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le petit poucet des compléments alimentaires azuréens, Pronutri (5,5 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 20 collaborateurs), s'attaque à une problématique de taille, celle des effets secondaires liés aux traitements de chimiothérapie. Un sujet ambitieux pour lequel le fabricant carrossois, spécialiste des oligo-métaux et expert dans la gestion d'information cellulaire, s'est associé dès 2014 au Laboratoire de Physio Médecine Moléculaire (LP2M), unité mixte de recherche CNRS/UNS, grâce au dispositif RUE qui oeuvre au rapprochement des entreprises et des laboratoires de recherche académiques sur le territoire azuréen. Alors que le partenariat liant les deux entités touche à sa fin, retour avec Amalric Véret, président des Laboratoires Pronutri, sur une initiative « aux résultats très positifs », qu'il entend bien poursuivre, voire dupliquer sur d'autres sujets de recherche. »

Le Journal des Entreprises : Comment est né votre partenariat avec LP2M ?

Amalric Véret : « Au départ, nous cherchions à objectiver l'efficacité de nos oligo-métaux dont les remontées d'information, certes très positives, manquaient de contreparties scientifiques. Nous avons alors démarché l'UPE 06 qui nous a mis en contact avec l'association Recherche et Avenir, porteur du dispositif RUE. C'est elle qui, après avoir mis en lumière un ensemble de projets de développement que nous souhaitions engager, nous a présentés au professeur Counillon du Laboratoire de Physio Médecine Moléculaire, dont les recherches sur les mécanismes d'intolérance à certains traitements anti-cancéreux, alors au point mort faute de temps et de ressources, avaient pourtant accouché d'un " modèle " pouvant potentiellement démontrer l'action de nos complexes sur la diminution de la survenance d'effets secondaires en présence de chimiothérapie. »

Comment ce partenariat s'est-il traduit ?

A.V. : « Par l'embauche d'une doctorante, Auréa Cophignon, à travers la mise en place d'une bourse Cifre permettant à l'entreprise de bénéficier d'une aide financière (à hauteur de 40 % du salaire versé, ndlr) pendant la durée de sa thèse. Auréa est encadrée par le laboratoire public mais travaille depuis bientôt trois ans à 100 % sur notre projet commun. »

En quoi a consisté sa mission ?

A.V. : « Dans un premier temps, il s'agissait de consolider les travaux de recherche du professeur Counillon, avant d'assurer la validation et l'ajustement de nos formules pour observer, au niveau cellulaire et génique, si diminution des effets secondaires il y avait. »

Avez-vous rencontré des difficultés particulières dans la mise en place du dispositif ?

A.V. : « Disons que sans l'accompagnement des équipes de RUE, cela aurait été bien plus compliqué. Nous sommes une PME. Nous ne connaissons pas les codes et rouages administratifs qui régissent le monde académique, un monde qui plus est très éloigné du milieu entrepreneurial. A cet égard, RUE est intervenu à tous les stades du processus, de la définition et qualification des projets de recherche à l'identification des partenaires et financeurs potentiels, du recrutement de la doctorante au montage et suivi des dossiers. »

Où en êtes-vous aujourd'hui ?

A.V. : « La mise en commun de nos ressources a considérablement accéléré les travaux. Des formules ont été testées et les résultats se sont avérés très positifs, ce qui nous pousse à préparer l'étape d'après, celle de l'étude clinique. C'est pourquoi nous avons, entre autres, candidaté en commun à des dispositifs d'aide régionaux dans le but d'obtenir les ressources nécessaires (environ 350.000 euros) pour poursuivre les recherches et préparer la phase pré-industrielle. Là encore, les équipes du RUE nous conseillent en permanence. »

Des débouchés commerciaux sont-ils déjà envisagés ?

A.V. : « C'est toujours difficile de prévoir ce qu'un projet de recherche peut donner concrètement. On ne fabrique pas un livrable, rien n'est garanti à l'avance. Toutefois, au regard des résultats d'aujourd'hui, tout est au vert. Si cela se confirme par la suite, on peut espérer la commercialisation d'une formule validée ayant fait l'objet d'une publication d'ici à cinq ans. »

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