Alpes-Maritimes

Industrie

Quand les dirigeants azuréens s'initient à l'industrie 4.0

Par Olivia Oreggia, le 13 octobre 2020

Le premier "Parcours du dirigeant 4.0" de l’UIMM 06 vient de se terminer. Six chefs d’entreprises y ont participé avec l’objectif d’y voir plus clair dans cette quatrième révolution industrielle où ils ne savent pas toujours comment continuer à jouer leur rôle.

Cobot de l'entreprise BW Industrie en Moselle.
La cobotique, ou robotique collaborative, est l'un des axes de l'industrie 4.0. — Photo : BW Industrie

Le parcours a duré neuf mois sans se laisser interrompre par le Covid. Les six cheffes d’entreprise azuréennes – le hasard a donné lieu à une promotion 100 % féminine – ont suivi matinées d’expertises et après-midi de coaching pour parvenir in fine à se réaliser en tant que « dirigeantes 4.0 ». Comment diriger son entreprise à l’heure de cette industrie du futur, qui intègre non plus seulement des machines mais aussi du numérique, de la data, de l’intelligence artificielle, de la réalité augmentée ?

« Nous réfléchissons depuis longtemps au 4.0. L’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) a lancé cette formation au niveau national, il fallait se l’approprier localement mais que mettre derrière tout cela ? », résume Daniel Sfecci, président de l’UIMM Côte d’Azur. « Les PME et TPE se demandent si cela sera rentable. Il faut remettre à plat cette approche pour savoir quelle orientation donner pour progresser et prendre les bonnes orientations pour son entreprise. Le travail ne fait que commencer. »

Six cheffes d’entreprise pour commencer

Six dirigeantes ont donc participé à cette première promotion, qui a pris officiellement fin le 9 octobre. Ces femmes sont issues des entreprises Tournaire, spécialisée dans les emballages et les équipements d’extraction à Grasse, de l’IMRA, filiale de l’équipementier japonais Aisin group à Sophia Antipolis, d’EMR, ascensoriste à Nice, d’Europliage, fabricant de portes blindées, et de Record France, fabricant indépendant d’amortisseurs. Blandine Berrettoni et sa sœur Marie-Aude Castell sont la quatrième génération à la tête de la société (une centaine de salariés, 13 M€ de CA en 2019) basée à Antibes. Chaque jour, 4 000 amortisseurs sont produits par Record France. Cette notion de « 4.0 » effrayait les deux soeurs qui se préparent à reprendre les rênes de la maison familiale. « Nous étions bien sûr convaincues de l’informatisation, de l’automatisation, mais nous ne savions pas par où commencer. Pour nous, l’industrie 4.0 ne pouvait être que trop chère, inaccessible », expliquent-elles. « Je me disais qu’il faudrait tout robotiser, tout flashcoder », précise Blandine Berrettoni, « mais dès le premier jour nous avons appris à dédramatiser. Le 4.0 implique beaucoup de choses : oui, il y a de la digitalisation, de la robotisation mais on ne pourra pas tout faire, on ne va pas mettre des cobots pour mettre des cobots, et non, notre entreprise n’en ressortira pas moins grandie. Ce parcours nous a permis d’ouvrir les yeux sur ce qu’on avait déjà, il faut en fait recentrer cela sur l’humain, faire évoluer l’entreprise avec nos équipes. »

L’humain, pivot du 4.0

C’est l’un des axes majeurs de ce parcours : le 4.0 doit être au service de l’homme et non l’inverse. De vraies techniques de management se cachent derrière toute cette industrie du futur. Ainsi, la raison d’être de l’entreprise est encore plus importante, tout comme sa valeur ajoutée. En 2025, le temps de travail des machines sera de 52 % (48 % pour l’homme) contre 29 % en 2018, selon une étude de 2018 du Forum économique mondial.

Aux côtés de Blandine Berrettoni et Marie-Aude Castell, de Record France; Marcel Ragni, président de la société Ragni; Philippe Darmayan, président de l'UIMM national; Christine Pietri, coach; Daniel Sfecci, président UIMM Côte d'Azur; Philippe Pradal, conseiller métropolitain NCA; Jean-Pierre Savarino, président le CCI Nice Côte d'Azur
Aux côtés de Blandine Berrettoni et Marie-Aude Castell, de Record France; Marcel Ragni, président de la société Ragni; Philippe Darmayan, président de l'UIMM national; Christine Pietri, coach; Daniel Sfecci, président UIMM Côte d'Azur; Philippe Pradal, conseiller métropolitain NCA; Jean-Pierre Savarino, président le CCI Nice Côte d'Azur - Photo : O. Oreggia

« Le but n’est pas de devenir un expert mais d’accompagner ce changement vers ce modèle », tempère Christine Pietri, coach et ex-DRH des chantiers navals Monaco Marine, qui a mené ce Parcours dirigeant 4.0. « Il faut se saisir du sujet. Au dirigeant de tirer les collaborateurs vers l’intégration de ce développement. » « Maintenant, on a plein d’idées qui fleurissent », reprend Blandine Berrettoni, de Record France. « Nous avons déjà appliqué pas mal de choses. Bien définir les rôles de chaque personne participant à un projet et pas seulement le chef de projet, par exemple. On commence aussi à scinder les gros projets pour que chacun puisse en voir l’évolution. Nous allons également évoluer vers un CRM plus performant pour que nos commerciaux puissent mieux suivre nos clients. Avec la crise, on a vu que le 'made in France' et la proximité payaient. C’est ce que nous avons toujours prôné. Maintenant, nous avons les clés, on sait mieux où on veut aller et ce qui est possible de faire. »

Un deuxième "Parcours du dirigeant 4.0" doit se tenir en 2021.

Cobot de l'entreprise BW Industrie en Moselle.
La cobotique, ou robotique collaborative, est l'un des axes de l'industrie 4.0. — Photo : BW Industrie

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